Transju’Trail 2015

Transju’Trail 2015

Une Transju’Verticale, c’est bien, mais 2 courses, c’est mieux ,non? Alors oui, le week-end ne s’est pas terminé sur cette belle grimpette pour Djailla, Greg et moi, le dimanche, nous étions tous 3 au départ d’une autre course et Maya toujours présent en fidèle supporter (et reporter).

Au départ, je m’étais dit que je vous raconterai cette histoire sous forme d’une carte interactive comme j’en ai découvert le “concept” sur l’excellent article de Journal du Trail sur la Maxi Race. Sauf que je ne sais pas faire, je ne suis pas encore assez doué pour cela (ceci est un appel, si quelqu’un veut bien m’expliquer comme on fait ça, je suis preneur!). Alors je vais rester dans le traditionnel.

Reprenons où nous nous en étions arrêtés, après la Transju’Verticale. Nous avons été prendre possession de notre gîte puis nous avons été aux Rousses pour un petit resto. Retour au bercail vers 23h pour finir la préparation du lendemain (sacs, alimentation, accrochage du dossard, etc…) car ce dimanche Djailla et Greg iront courir le 36km pendant que moi, j’irai parcourir les 72km de la Transju’Trail.

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23h30 : Extinction des feux. Sauf qu’il fait super chaud! Impossible de m’endormir, je tourne en rond. Et lorsqu’enfin je m’assoupis, l’orage éclate! Si bien qu’à 2h45, je suis debout!

03h00 : Après une petite douche pour se réveiller (enfin, vu que je n’ai pas dormi…), c’est l’heure du petit déjeuner. Surprise! Le café est chaud, le beurre, la confiture, le pain… tout est sur la table! Maya s’est levé avec moi pour me soutenir dans ces derniers instants avant le départ! Si ça c’est pas un supporter de luxe!!!

3h25 : c’est le départ pour Les Rousses où je dois prendre la navette qui nous conduira jusqu’à Mouthe, lieu du départ de la course. J’y retrouve un collègue du boulot qui voulait faire la course mais pas tout seul… je me suis dévoué, quel altruisme ! Nous l’appellerons Franck pour les besoin du récit et aussi parce que c’est son prénom! Et nous voilà dans le bus pour 30-40′ de trajet. Une fois sur place, nous remplissons la “salle d’attente”. C’est l’occasion de retrouver quelques connaissances : des coureurs des Lacets du Lizon, du Team Trail Jura, des habitués et des prétendants au podium (Sangé Sherpa, François Faivre…). Et puis on fait les derniers besoins d’avant course, on peaufine le sac, on s’assure de ne rien avoir oublié et nous voilà sur la ligne de départ.

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5h30 : Coup du fusil sur Mouthe! Le départ est donné, la meute est lâchée. Nous avons délibérément fait le choix de ne pas partir vite, nous nous réglons sur du 10 km/h sur les premiers kilomètres légèrement vallonnés (enfin sur le plat car nous marchons dans les côtes). Juste devant nous, nous avons René, mon “métronome” des Lacets du Lizon. René ne part jamais vite, il n’accélère jamais vraiment, mais il garde une allure quasi constante tout le temps, c’est une valeur sûre! Cependant, nous sommes un peu plus rapides alors nous doublons…

6h17 : Après 6km de course (et un gadin dans l’herbe encore humide pour Franck), nous voilà au pied du principal intérêt de ce début de course : le fameux tremplin de saut à ski de Chaux-Neuve. Étape de la coupe du monde de Combiné Nordique, c’est là qu’ont pu s’illustrer nos champions Jason Lamy-Chappuis et Sébastien Lacroix notamment. Nous sommes accueillis au son de MUSE par quelques spectateurs matinaux. Nous gravissons alors les marches de l’escalier métallique au bord du tremplin, nous pointerons à la 221° place. En haut, sous la rampe de lancement, nous immortalisons le moment avec quelques photos :

Cette petite pause donnera l’occasion à René et Eric (un autre copain des Lacets du Lizon) de nous reprendre. Nous ferons à nouveau un bout de route avec eux sur un chemin plutôt facile, avec très peu de pente et qui redescend même gentiment vers Chapelle des Bois.

7h34 : Nous passons le pointage du ravitaillement du Chalet des Anges à la 263° place. Les places perdues sont essentiellement dues au temps d’arrêt au ravito mais après 2h de course et 17km, ça fait du bien de manger un peu! Un peu d’eau, quelques pâtes de fruit et on repart.

Là, on y va tranquille car la plus grosse difficulté de la première moitié de course nous attend juste derrière. René et Eric sont toujours dans le sillage. Après la traversée un champs, la pente commence à gentiment s’élever pour devenir bien raide où nous prenons 200m de dénivelé sur 1km. Nous accédons alors à la Roche Champion pour une nouvelle pause (pose?) photo devant la magnifique vallée avec au loin les lacs des Mortes et de Bellefontaine.

La route se poursuit sur la crête, en lisière de la frontière suisse. Nous passons aussi du Doubs au Jura avant d’emprunter une belle descente où je prends un peu le large. Une fois en bas, j’attends Franck en rangeant mes bâtons qui ne me serviront plus jusqu’à Morez. Le chemin nous conduit alors à Bellefontaine où nous attend un point d’eau au 25ème kilomètre (3h20 de course). C’est aussi là que j’ai le plaisir de revoir un ancien collègue, Patrice, que je ne revois qu’à cette occasion et au même endroit!

Après ce petit arrêt salutaire, le tracé nous fait remonter sur les hauteurs où nous empruntons un chemin de crête qui nous conduira directement vers Morbier. Nous repassons là devant René et Eric qui avaient repris de l’avance avant basculer sur une belle descente où doublerons aussi Sam, l’organisateur de l’UTTJ, qui n’a pas l’air dans sa meilleure forme. A Morbier, petit point d’eau où je passe quasi tout droit, juste le temps pour Franck de boire un verre. Puis c’est la dernière belle descente sur Morez. Il nous faudra traverser un bout de ville pour rejoindre le ravitaillement où je retrouve alors quelques copains et Maya qui joue les reporter. Il m’annonce que Greg (Les Gones) vient de repartir du ravito. Franck arrive quelques minutes derrière, suivi un peu plus loin par René et Eric qui repartiront avant nous.

Nous sommes à la mi-course, plus de 35km et 1200m de dénivelé effectués en 4h30. Il est exactement 10h quand j’arrive, j’ai 4 minutes d’avance sur l’an dernier mais je me sens en bien meilleure condition. J’ai l’impression de m’être vraiment économisé et d’avoir gardé ce qu’il fallait pour la fin de course. Je refais l’appoint de la poche à eau, je bois, je mange, je me rafraîchis et nous repartons à 10h09, je pointe à la 192° place. J’ai donc repris 70 places sur les derniers 18km.

Maintenant, Franck connaît aussi le parcours pour avoir fait le 36km en 2014. Nous savons alors que tout de suite à la sortie de Morez nous devons affronter une belle côte. Nous nous calons très vite derrière René. Étrangement, je trouve qu’il ne va pas bien vite alors je le dépasse rapidement et avec mes bâtons, je prends un rythme assez soutenu mais qui ne semble pas me fatiguer. Je doublera bien d’autres coureurs et je m’aperçois en haut que j’ai lâché tout le monde! La gestion de la première moitié de course semble se confirmer, je suis en bien meilleure forme.

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Je profite de cette avance pour admirer la vue sur la vallée de Morez, sur la Doye avant de redescendre sur La Rivière. Je reste prudent dans cette descente car je ne veux pas me blesser maintenant. La partie qui suit reste assez difficile pour moi car c’est un très long faux-plat montant et je n’aime pas ça. D’ailleurs, je marche! Une courte descente et traversée de la Biennette avant de remonter vers Prémanon. A cet instant, je sens que la chaleur du jour m’accable un peu et je commence à ressentir des douleurs dans le ventre mais rien d’alarmant.

A 12h30, je suis au ravitaillement de Prémanon après 47km et 2100m de D+. Je fais maintenant course en solo depuis Morez et je suis trempé par la sueur. Je change de tshirt et je troque le buff “WAA” par une casquette. Je me restaure pendant que le speaker vient me poser quelques questions sur la participation de l’an dernier et sur la Verticale de la veille. Là, je vois débouler l’ami Sam que nous avions laissé en mauvaise posture avant Morbier. Le bougre a repris du poil de la bête et va déjà bien mieux! Je repars avec lui à 12h39, soit après plus 7h de course en 162° position, encore 30 place de reprises!

Et là, ça se gâte! Le tonnerre se fait entendre, le ciel se grise rapidement et les premières gouttes apparaissent : l’orage éclate. Nous enfilons alors la veste imperméable tout en marchant. Notre chance sera de traverser la forêt entre la Combe Froide et le Cernois, nous sentons moins la pluie. Au sol, les flaques se forment et le terrain se mollit. Là, nous retrouvons un groupe qui s’est arrêté car l’un d’eux est tombé et s’est entaillé. Il fera demi-tour pour se faire soigner. Dans ce groupe, je retrouve Greg “les Gones” que je suivais finalement de près. Nous courons alors un moment ensemble, le temps de traverser la route sous le tunnel à la Darbella. Ensuite, il monte mieux que moi. Nous avons laissé Sam derrière mais il reviendra sur moi au niveau des Loges, la réserve d’eau visible depuis le télésiège des Jouvencelles l’hiver. D’ailleurs, la piste des Jouvencelles, c’est ce qui nous reste à gravir pour atteindre le sommet des Tuffes.

Je me retrouve là à nouveau seul et puis l’orage est passé depuis un moment, la chaleur revient. J’ôte alors ma veste pour la ranger dans le sac. Le mauvais point, c’est que les douleurs au ventre sont de plus en plus présente et je peine à redescendre par la piste du Balancier pour atteindre les Dappes. Chaque choc du pied au sol me fait remonter l’estomac. J’ai pourtant beaucoup bu mais je n’ai pas mangé grand chose depuis le départ à part des pâtes de fruits. C’est donc avec du mal que j’atteins le ravitaillement des Dappes à 13h55. Cela fait maintenant 8h30 que je cours, nous avons parcouru presque 56km et 2500m D+. Je n’ai pas faim, de toutes façons, je crois que je ne peux rien avaler avec mes douleurs. Je repars donc en pointant 154°. J’ai donc repris encore quelques places malgré tout.

Arrive maintenant LA difficulté du jour : la montée de la Dôle! Je décide de prendre mon mal en patience et d’adopter un rythme assez lent. Mon objectif est maintenant de ne pas faiblir et de monter coûte que coûte sans m’arrêter. La chaleur rend l’exercice encore plus difficile, nous sommes rarement sous les arbres, la plus grande partie se faisant à découvert. Mais la technique d’escargot fonctionne, doucement mais sûrement! Je fini finalement par atteindre la grosse boule blanche en 50′ pour les 2.5km qui séparent le ravitaillement du sommet! Mais je suis en haut et je peux maintenant profiter de la vue sur le lac Léman. Malheureusement, la météo changeante ne nous permet pas d’admirer les Alpes. Pas de Mont Blanc aujourd’hui. Au pointage du sommet (58.3km et 2940m D+), je passe donc 158° en 9h19. Finalement, ce petit rythme ne m’a fait perdre que 4 places.

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Nous basculons alors du côté suisse. Les descentes me font de plus en plus mal au ventre si bien que je ne peux presque plus les courir. Là encore, je dois prendre mon mal en patience et avancer comme je peux. Et puis il faut rebasculer de l’autre côté en grimpant le col de Porte. Finalement, c’est presque bien pour moi car j’avance alors mieux en côte qu’en descente. Mais évidemment, derrière le col, il faut redescendre jusqu’au point d’eau de Cuvaloup. Là, je ne suis pas bien du tout. Le moindre verre d’eau me fait tout remonter mais je n’arrive pas à sortir le mal. Alors je prends une grande résolution : je repars tout de suite et j’avance tant que je peux, il ne reste plus qu’une dizaine de kilomètres, il faut finir!

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Je reprends donc mon chemin pour 200m et là… je ne vous fais pas de dessin! Quelques supporters s’arrêtent avec moi s’occupant de mon sort. Je marche quelques mètres avec eux, je me sens déjà un peu mieux. Des coureurs nous passent et j’emboîte le pas. Effectivement, c’est mieux. Et puis au tunnel sous la route pour rejoindre le Balancier, je me retourner et je vois arriver Eric et René. Ce dernier ne va pas très bien non plus, il a aussi eu des problèmes. Eric lui va plutôt bien. Je repars alors avec eux.

Nous passons le stade nordique des Tuffes en suivant le Bief de la Chaille. Le rythme n’est pas très soutenu mais les kilomètres défilent néanmoins. Nous entrons dans la forêt des Rousses pour atteindre le fort. Nous traversons les remparts par un escalier avant de rejoindre la cour pour ressortir par l’entrée principale. Nous suivons les remparts. Enfin, nous entendons le speaker et nous entrons sur l’aire d’arrivée de l’Omnibus. C’est main dans la main qu’avec René et Eric que nous franchissons la ligne après 11h24 de course! Je finis 164° (sur 299 arrivants).

Juste devant, Greg vient d’en finir aussi. Nous nous serons finalement suivi à distance.

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Si évidemment je suis content d’avoir fini la course, surtout après la Verticale du samedi, je reste mitigé. En effet, mes très bonnes sensations à mi-course me laissait espérer beaucoup mieux, je pensais pouvoir atteindre mon objectif d’approcher les 10h. Mais malheureusement, si je n’ai pas vraiment l’impression d’avoir payé les efforts de la veille, je crois que ce sont les conditions de courses qui l’ont rendu bien plus compliquée que prévue. D’ailleurs, avec une température plus basse, je pense que j’aurai eu moins de mal à m’alimenter.

C’est donc à nouveau une nouvelle expérience enrichissante dans mon apprentissage de la longue distance. Maintenant, place à peu de repos, on reprendra en fin de semaine, ça suffira bien!

De leur côté, Greg et Djailla que je n’ai pas revu depuis le gîte ont tous deux fini le 36km avec une belle 75° place (sur plus de 500 arrivants) pour Greg. Je crois qu’ils ont apprécié courir dans ma région d’adoption et je pense que Maya, même sans avoir couru a pris un bon bol d’air!

Ah… et Franck alors? Bah, après avoir franchi la ligne, j’ai papoté un peu, j’ai hésité à manger mais je n’ai pas réussi, j’ai pris ma douche… et je l’ai retrouvé! Il a fini en 11h56, bravo à lui !

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Cet article a 5 commentaires

  1. Avatar

    Même si tu n’es pas passé sous les 10h, tu fais là un superbe chrono avec une belle gestion de course.
    Et en ce qui nous concerne, nous avons pris beaucoup de plaisir à vous voir sur vos courses.

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