Trail Volodalen du Jura : la fin au barrage

Trail Volodalen du Jura : la fin au barrage

Cette année, après une première saison de courses à ski et surtout après un tirage négatif à l’UTMB, je n’ai pas programmé d’épreuve longue. La plus grande distance de l’année était donc sur ce Trail Volodalen du Jura, presque à domicile.

Le TVJ, j’en ai quelques uns à mon actif : le 55km qui n’existe plus aujourd’hui, le 17km et le 36km plusieurs fois et un relais sur le 70km. Je n’avais pas spécialement placé cette courses à nouveau dans mon calendrier mais voilà, en manque de distance et avec une belle envie, je me suis dit que découvrir le nouveau parcours qui nous emmène vers le pic d’Oliferne pourrait être intéressant…

Autre intérêt pour cette course, c’est la présence de Stéphanie, une fidèle UTTJiste avec son ami Gilles. Je me fais donc un plaisir de courir avec elle en cette fin du mois de Juillet. Le rendez-vous est donné sur la place du départ, au Regardoir, promontoire avec une splendide vue sur le lac de Vouglans, bien que la brume matinale le rende moins visible. Je suis même là dans les premiers, avant même les organisateurs! Du coup, on file un coup de main pour installer la ligne de départ pendant que les inscrits du 70km arrivent.

Quelques temps plus tard, nous sommes tous là et la course est lancée. Je pars aux côtés de Steph prudemment, m’arrêtant quelques fois pour prendre des photos et accélérant ensuite pour la rattraper! Nous sommes dans le flot de coureurs pour longer le lac vers le sud en direction de Lect sur des sentiers remplis de racines ou de cailloux, tantôt en forêt, tantôt sur le bord des falaises surplombant l’étendue d’eau. Tous les feux sont aux verts : aucune douleur, le souffle est bon, le moral aussi, il semble que la journée s’annonce bien.

Le premier ravitaillement de Martigna arrive après 12km et 1h24 de course. Le rythme emprunté jusque là est correct et devrait être tenable pour les 68km restants. J’arrive à Martigna avec un peu d’avance sur Steph, j’en profite pour tailler la bavette avec Gilles quelques instants. Au ravito, ma bell-mère est bénévole alors là aussi, je discute un moment pendant que Steph repart déjà. Je repars après quelques minutes.

J’ai pris un peu de retard sur Stephanie alors je force un peu l’allure et il me faudra un bon kilomètre avant de la rattraper. Une fois revenu, je reste avec elle un bon moment. Si je connaissais la plupart des sentiers jusque là, cette portion m’est inconnue mais en discutant, ça passe assez vite. On alterne toujours entre sentier et chemins blancs qui parfois peuvent sembler assez longs malgré tout, d’autant qu’il y a là une petite bosse à passer.

Et puis aux alentours de Montcuzel, c’est la grosse descente vers Chancia. Par beau temps, le belvédère est magnifique à cet endroit avec sa vue le lac de Coiserette alimenté d’un côté par l’Ain qui vient du lac de Vouglans et de l’autre par la Bienne. Là encore, la météo du jour ne nous permettra pas de pleinement en jouir… Dans la descente, j’envoie un peu pour dégourdir les jambes mais les sentiers sont relativement techniques et je prends soins de ne pas perdre Stephe de vue. Elle est juste derrière.

Alors qu’on pensait en avoir terminé, le profil de course nous indique encore une petite bosse avant le second ravito. Effectivement, c’est le cas! Nous sommes revenus sur une bande de coureurs qui semblent peiner. Je prends la tête du groupe et Steph emboîte le pas. Bien que le single technique monte assez sèchement, l’allure est bonne et la bascule pour la descente qui suit se passe bien. Nous arrivons à Chancia au 24° km après 2h51. La vitesse reste assez constante (1h30 pour les 12km avec un peu plus de difficultés).

Là encore, je prends le temps de bien me restaurer, je remplis les gourde. A nouveau, Stéphanie repart devant. Je décolle aussi en lui laissant moins de marge cette fois pour ne pas me grille à lui courir après car derrière, il y a la principale difficulté du jour. Nous poursuivons sur un bout de route pour traverser le pont sur l’Ain. Là, pour nous éviter un peu de bitume, les organisateurs ont tracé un sentier au bord de l’eau : racines, énormes pierres… c’est assez compliqué et d’ailleurs, je me cognerai le pied sur un cailloux mais sans gravité heureusement.

Et puis la voilà : la montée vers Oliferne. En bas, le signaleur nous indique le chemin et il fait bien car quelques uns devant nous ont fait fausse route et se sont offerts quelques centaines de mètres de détour… Nous ne nous trompons pas et entamons ascension. Elle durera environ 1.5km. Au début, ça monte pas mal mais avec les bâtons que je délie pour l’occasion, ça passe bien et j’arrive à monter sans forcer. Steph est dans mes pas et tout semble aller également. Nous arrivons sur un chemin blanc et là, petit souci de balisage : le ruban qui doit nous indiquer de prendre un sentier ne se voit pas, il serait facile de se tromper. Alors avec un des coureurs présent à ce moment, nous refaisons un peu de balisage. Cela dit, si nous avions continué sur le chemin, nous serions arrivés au même endroit avec juste quelques dizaines de mètres en plus! Nous atteignons Soutavant après 15 minutes de montée.

Jusque là, cela ne m’a pas paru compliqué, je m’attendais à plus dur! Mais nous ne sommes pas en haut. Je reconnais là quelques chemins que nous avons emprunté en promenade pour visiter le château d’Oliferne. Mais rapidement, nous repartons dans des sentiers inconnus. A partir de ce moment, j’ai l’impression de tourner en rond dans les bois. Nous sommes sur une crête mais on ne distingue rien entre les arbres. Cette portion me paraît interminable! Steph mène la danse et je la suite sans broncher. Au bout d’un (long) moment, nous revoilà sur un chemin plus large que je reconnais. Cette fois c’est bon, je sais que le pic est à proximité, je suis rassuré. Gilles est à nouveau là avec sa fille pour nous encourager.

Nous passons tout droit devant le point d’eau pour pénétrer dans l’enceinte du château que j’ai déjà visité 2 fois. Je sais donc où je vais et connaît bien la difficulté pour atteindre le sommet. Mais avec Steph, Gilles et sa fille qui nous suit, l’ambiance familiale nous occupe l’esprit et nous sommes rapidement en haut. Il reste à redescendre pour aller boire un coup! Nous avons fait presque 32km en 4h25, le rythme est moins soutenu mais le profil plus compliqué. la suite semble plus plate et nous pourrons reprendre un peu de vitesse. Avant cela, nous avons encore un sentier sur une crête à emprunter. Il pleut et j’enfile le coupe-vent mais rapidement il me donne chaud et je préfère l’enlever. De toutes façons, la pluie a déjà cessé!

A partir du 35° km, c’est là que débute mon calvaire. Après le sentier de crête, nous empruntons une petite descente et nous arrivons sur un chemin blanc bien large et quasi plat. Nous traversons des champs. Au début, c’est bien, nous reprenons de la vitesse mais la blague se prolonge durant 2.5km. C’est droit, c’est long, c’est …ennuyant! Et quand arrive enfin la fin du chemin nous débouchons sur … la route! Il nous reste donc 1km de bitume avant d’arriver au ravitaillement de Vescles.

Après 38km et 5h12 (soit 6km en 47min, nous sommes bien allés plus vite sur cette portion!), je remplis les gourdes. Le moral en prend un petit coup mais je me dit que c’est passé, nous allons retrouver des sentiers sans doute plus ludiques. Nous repartons donc remotivés, aussi grâce à Gilles encore présent. Sauf que c’est à nouveau sur la route qui nous emmène à Rupt qui nous poursuivons. Il y a bien de temps en temps un peu de terre ou des cailloux mais c’est en grande majorité du bitume que nous pieds foulent! Après Rupt, c’est la même histoire jusqu’à Menouille… Bref, au final, la portion entre chemins blancs trop roulants et routes ennuyeuses, ce sont prêt de 9km qui réveillent petit à petit une douleur dans mon genou gauche…

La douleur augmente à mesure que les kilomètres défilent alors qu’en temps normal, je n’ai jamais ce problème… J’ai l’impression que chaque pas, chaque choc renforce le mal. Le rythme pour suivre Stéphanie (qui elle, vient de la course sur route et est donc plus habituée que moi) devient de plus en plus compliqué à suivre. Si bien que juste avant de traverser le pont sur l’Ain entre Menouille et Vouglans, je lui dit de ne plus m’attendre, je ne peux plus la suivre.

C’est donc seul que je poursuis ma route qui nous fait contourner le village de Vouglans avant d’entrer sur l’un des sentiers des 7 contes que j’ai déjà fait en famille. Je connais donc le terrain. Ce n’est pas très dur et même plus sympa que les kilomètres précédents puisque dans les sentiers au milieu des bois. Mais le genou douloureux m’empêche d’en profiter, je ne cours presque plus. J’arrive au barrage sur le lac, une nouvelle occasion de le traverser et de prendre quelques photos. A l’autre bout, il y a le ravitaillement que j’atteins en 6h40 après 49km.

Stéphanie, qui elle semble bien aller, m’attends. Mais ma décision est prise, j’ai mal au genou, je pars en vacances au Portugal dans une semaine, je connais bien la fin de parcours (qui n’est pas ma partie préférée) alors je ne continue pas, je rends le tablier. Elle repartira alors seule et finira même sur le podium féminin!

Évidemment, il y a toujours une déception dans l’abandon d’une course. C’était l’unique grande distance à pieds de l’année et je n’arrive pas au bout. Mais je sais que c’est la bonne décision, que j’aurai souffert sur la fin de course, que j’aurai aggravé la blessure et j’ai vu ce que je voulais voir : la montée vers Oliferne depuis Chancia. Alors c’est simplement que j’accepte l’échec et que je me fait rapatrier.

Il ne reste maintenant plus qu’à se reposer et ça tombe bien, on part en vacances! Si l’intention de courir un peu pendant le séjour portugais était présente, je n’ai finalement rien fait du tout, un bon et long repos. La reprise s’est fait fin août avec Laetitia.

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