Ma première Transjurassienne

Ma première Transjurassienne

Après quelques hivers de pratique seulement, des cours de skating l’année dernière, j’ai décidé de me lancer cette année dans un grand défi : participer à une course de ski de fond. Et comme je vois toujours les choses en grand, c’est la Transjurassienne que j’ai choisi.

Engage-toi sur une course !

transju2019 - inscirption

Il y a 3 ou 4 ans de cela, j’ai débuté de ski de fond. C’est le sport d’hiver qui semble le plus complémentaire au trail. Avant cela, je faisais régulièrement de la descente mais avec le skating, je retrouve l’ambiance du trail, au calme dans la nature, le même type d’effort, les chocs en moins.

Les premiers tours de ski sont compliqués : je n’ai pas la technique alors je compense comme je peux avec mes bâtons. Mais finalement, je n’avance pas et je m’épuise trop rapidement.

Il n’y a qu’une issue pour moi : prendre des cours. C’est donc ce que j’ai fait l’année dernière. J’ai appris à glisser, on m’a corrigé mes mauvais gestes, expliqué comment utiliser efficacement les bras. Cette session était ponctuée par l’obtention de ma “médaille d’or”, non sans fierté ! Et pour finir, les profs sont unanimes : je dois maintenant pratiquer le plus possible et m’inscrire sur des courses.

L’idée de mettre un dossard autrement qu’en trail me plaît et c’était sûr, j’en porterai un en 2019. Faire une course OK mais laquelle? Au départ, je vise les petites distances, me semblant être amplement suffisant vu mon niveau. Comme en trail, il faut commencer doucement. Sauf qu’à l’automne, je vois passer l’annonce des 40 ans de la Transjurassienne. L’évènement propose évidemment la longue course mais aussi des plus petites.

Évidemment, j’en parle à mon “coach” Jean-marc qui me répond : “fais la grande!” Et comme on écoute toujours son coach, je m’inscris sur les 68km de la Transju’ !

La mythique Transjurassienne

La Transju’, cest LA course de ski de fond à ne pas manquer. C’est elle que tout fondeur doit avoir fait un jour, la course de ski de fond la plus réputée de France, étape de la prestigieuse Worldloppet. En bref, la Transjurassienne, c’est l’UTMB du ski de fond !
En bon Jurassien d’adoption que je suis, c’est donc là que je devais être!

En plus, pour ses 40 ans, la course revient à un parcours originel (ou presque) de 68km avec un départ à Lamoura et une arrivée à Mouthe. Il faut dire que les dernières éditions ont été victimes des conditions météo capricieuses, du manque de neige, qui ont obligés aux organisateurs de s’adapter et de proposer des parcours de repli plus courts.

Pour m’y préparer, j’ai fait le maximum de sorties que j’ai pu, j’ai tenté de travailler une peu la technique histoire de se sentir prêt au bon moment. Malgré tout, j’avais encore pas mal d’interrogations sur le départ en masse, sur ma capacité à tenir la distance… Il faut dire que je n’ai jamais skié plus de 25km! Heureusement, mon Envolée Nordique il y a 2 semaines avec Brig‘ m’ont permis de me rassurer un peu sur les conditions de courses. Je peux assez sereinement espérer faire une course entre 6 et 7h, j’en serai content.

Le départ : Lamoura – Les Rousses, 20km de pure glisse!

Dimanche 10 février, 6h : je suis depuis. Le départ est à 8h45 pour moi mais je ne veux pas être en retard et je ne veux pas me garer trop loin du départ. A la Combe du Lac, il faut encore nuit. Je croise l’ami François, gendarme à Moirans, qui fait la circulation. Je rencontrerai aussi Dominique Piazzola de l‘Hebdo du Haut Jura et Nono venu voir Jean-Marc qui a déjà fait la course en classique la veille. Je me prépare, m’habille et rejoins l’aire de départ. Je croise l’ami Franck qui sera une fois de plus la voix de la course et Maria à qui je peux laisser ma grosse veste chaude avant le départ.

Me voilà parqué dans le box de la 3° ligne, skis à la main. A côté de moi, je retrouve Sam et Babasse. 8h30, c’est l’heure du départ des élites qui, eux, sont skis aux pieds. Juste derrière eux, la première ligne s’élance. 8h40, le box de la 2° ligne est libéré. Là, une horde de skieurs court sur la neige pour s’approcher de la ligne de départ, chausser les skis et partir.

8h45, c’est notre tour. Nos 2 box s’ouvrent et nous aussi, nous ne perdons pas de temps pour aller chausser et démarrer notre course. Je choisis de rester sur le bord droit de la piste pour éviter les éventuels chocs avec les autres skieurs. Tout de suite, je me sens bien : je sens que la glisse est là et que le contact ski-neige se fait bien. Pour autant, je ne m’affole pas et je reste sur un rythme assez tranquille et me concentre sur mes gestes. Combe du Lac, L’Anversis, la Serra, le Boulu… je connais bien les premiers kilomètres.

Il faut passer le tunnel sous la route pour rejoindre la Darbella : on descend puis à la sortie, virage à gauche. Et bim : me voilà par terre! Virage pas très bien maîtrisé et c’est la chute. Je me relève très vite et je repars. Juste après la Darbella, première montée et c’est le premier bouchon! Alors on prend notre mal en patience et on avance tranquillement. L’allure course reprend et on glisse gentiment jusqu’à Prémanon pour le premier ravito. J’y fait une courte pause, le temps de boire un thé et je reprends ma route qui m’emmènera jusqu’aux Rousses. Les sensations sont toujours bonnes et je rallie donc les 20km en 1h30 environ.

Les Rousses – Chapelle des Bois : le stress et les difficultés arrivent…

J’ai tout de même l’impression que les premiers kilomètres ont défilé bien vite. J’en suis au tiers de la course, il en reste encore beaucoup à parcourir. Mon idée est donc de prendre un bon ravitaillement et de repartir plus tranquille pour gérer le reste de la course.

Oui mais voilà, le speaker annonce l’annulation de l’épreuve Marathon en raison des mauvaises conditions météo. On attend des rafales de vent à plus de 100km/h dans le Risoux, on craint que des branches viennent à céder et tombent sur les skieurs!

Aussi, on entend au micro que ceux qui ne seront pas à Bois d’Amont à 12h seront arrêtés. Je n’ai pas d’idée de l’heure qu’il est ni du temps qu’il me faudra pour rejoindre Bois d’Amont. Je suis venu pour faire la grande course, ce serait dommage d’être stoppé à la moitié ! Alors tant pis pour la gestion de course, je repars.

D’abord, il faut gravir la célèbre « Montée de l’Opticien » dans le centre-ville des Rousses. Une ambiance terrible dans le village, c’est super agréable ! Je me place devant un petit groupe pour monter sans être arrêté et je gravis, lentement mais sûrement cette petite côte. Derrière, le terrain est plus bas et je file vers le prochain objectif. La glisse reste bonne même si je sens que je vais moins vite qu’au début. Le profil est plutôt descendant vers Bois d’Amont, je prends mon mal en patience.

Je suis au ravito de Bois d’Amont vers 11h00. Soulagement, je vais pouvoir continuer ma course ! Mais il y a pas mal de monde et approcher les tables pour se restaurer n’est pas simple. Heureusement, une demoiselle m’apporte un thé que je savoure et puis, je repars vers la difficulté du jour : le Risoux !

A la sortie du ravito, nous voilà en plein face au vent et …ça commence à grimper ! Il y a encore de nombreux spectateurs présents pour nous encourager et heureusement car la montée devient difficile. Je ne glisse plus et je monte en « canard »… En entrant dans la forêt, nous sommes un peu à l’abri du vent mais pour autant, la pente reste raide. Même si celui de devant semble aller moins vite, je ne cherche pas à doubler, ce serait de l’énergie perdue pour rien.

Quand enfin la montée semble se calmer, c’est en fait pour mieux reprendre ensuite. J’ai vraiment du mal et je suis obligé de faire 2 ou 3 pauses pour boire un coup. Et enfin, j’arrive vers ce qui semble être le sommet. La glisse reprend sur une portion en faux-plat descendant et ça fait du bien. Oui mais ce n’est pas fini, ça remonte vers le chalet des Ministres ! Des skieurs sont arrêtés sur le bord, je fais la pause avec eux. L’un d’eux ayant aussi skié la veille sur la Transju’Classique me dit être rincé (et ça se comprend) mais il me motive à reprendre le rythme. Il ne reste plus grand-chose avant le « vrai » sommet alors j’y vais.

Il reste une difficulté avant de rejoindre Bellefontaine : la descente ! Une longue route forestière en lacets. Si au début, je me sens bien, plus tard, je comprends vite que je ne maîtrise plus vraiment mes trajectoires tellement la piste est jonchée de « fausses traces » faites par les nombreux concurrents précédents. Mais j’arrive en bas entier ! Un dernier petit coup de cul avant de rejoindre le ravitaillement.

Finalement, je suis plutôt en bonne forme à Bellefontaine. Je me restaure et là, j’aperçois Patoche, mon ancien collègue. Il y a 10 ans, j’étais venu voir le passage des coureurs ici même et lui en faisait partie. Aujourd’hui les rôles sont inversés : il est bénévole et c’est moi qui skie ! On discute alors un moment avant que je reprenne ma route.

La suite est finalement assez tranquille vers Chapelle des Bois, quelques bosses, un terrain vallonné mais agréable qui me permet de me remettre de mes émotions du Risoux.

Chapelle des Bois – Chaux-Neuve : dans le vent !

J’ai un peu perdu toute notion de temps et je ne regarde même pas à quelle heure j’arrive à Chapelle des Bois. Ce que je me dis simplement, c’est que je reconnais le tracé que j’ai parcouru à l’Envolée Nordique il y a 2 semaines. Ça me rassure car je sais où seront les difficultés. Après le ravitaillement de Chapelle, nous entrons dans la Combe des Cives. Les rafales de vent annoncées sont bien là mais heureusement, dans le dos et elles nous poussent !

Physiquement, c’est clair que je suis moins bien qu’à l’Envolée mais j’ai tout de même plus de 40km dans les pattes. En clair, depuis Bois d’Amont, chaque nouveau mètre parcouru est un record pour moi ! Ici, je me fais plus doubler qu’autre chose, j’accuse un peu le coup. Surtout, je sais que dans peu de temps arrive la montée de la Célestine.

Sur l’Envolée, je suis monté vite car je savais qu’au sommet j’attendrai Brig’ . Là, je suis seul et je ne m’amuse pas vraiment ! Je reste sagement derrière la skieuse de devant en prenant son pas. Il m’emmènera jusqu’en haut. Une petite pause pour boire un coup et je repars.

Là, ce sont les premiers coureurs du 25km parti de Chapelle qui arrivent. Ils me doublent comme des balles, c’est impressionnant ! Je ne me laisse pas griser et garde mon petit rythme. J’arrive au Pré Poncet pour le ravito où là encore je ne m’attarde pas trop pour filer vers Chaux-Neuve.

Mais juste avant d’arriver, il y a une grosse descente qui commence par un goulet étroit et verglacé. Je m’arrête en haut car devant, 2 skieurs sont par terre. J’y vais ensuite prudemment, en chasse neige, ce qui ennuie un peu les coureurs du 25km mais tant pis ! Et puis tranquillement, nous voilà au ravitaillement au pied des tremplins de saut à ski de Chaux-Neuve.

Chaux-Neuve – Mouthe : en roues libres….

Ça me rappelle la Transju’Trail où nous grimpons les escaliers du tremplin. Là, on reste en bas et heureusement ! Cependant, la partie qui vient juste derrière sera face au vent, les bénévoles nous ont prévenus. Et effectivement, cette fois, le vent est contre nous. Heureusement ça ne dure pas !

Nous avons fait 60km et là, clairement, mon objectif n’est plus d’attaquer mais bien d’arriver ! Mais au sommet d’une bosse, un skieur du 25km me dépasse et engage dans la descente qui suit. Je me dis, allez, on le suit. Je tente de reprendre ses traces. Mais mes skis en décident autrement et prennent des rails pas vraiment parallèles ! Je vois chacune de mes skis partir dans des directions opposées et les jambes qui s’écartent de plus en plus. L’inévitable arrive : je me plante littéralement le nez dans la neige !

Je me relève, reprends mes esprits et je me relance. Le parcours, après avoir traversé Petite-Chaux, suit une ligne de crête en plein vent. Là encore, les rafales nous aident bien. La pluie s’est invitée et mouille bien le dos. Mais nous arrivons bientôt et je n’y prête pas vraiment attention.

Ça y est, le panneau du dernier kilomètre, l’arrivée est toute proche, je la vois ! A ce moment, l’émotion commence à monter. Je réalise que je suis en train de finir une course de 68km à ski alors que je n’avais jamais fait plus de 25km, que j’ai pris des cours il y a seulement un an. Des émotions de joie comparables à ce que j’ai vécu sur la TDS ou l’Ultra 01XT en trail.

Je franchis donc cette ligne d’arrivée en 5h46 ! Moi qui espérais faire entre 6 et 7h, je suis aux anges ! Ce n’est certainement pas le meilleur temps possible, ni le meilleur classement mais à mon niveau, c’est un petit exploit !

transju-finish

Voilà donc un nouveau défi de rempli, un nouvel objectif atteint ! Si je le craignais au début, on a su me rassurer en me disant que j’en étais capable. L’idée a fait son chemin en tête et je me suis persuadé que c’était possible.

Évidemment, il a fallu s’entraîner un peu, suivre les bons conseils des amis expérimentés. Même si les prévisions météo les jours précédents la course pouvaient faire craindre le pire, je n’ai finalement pas été tant dérangé.

Finalement, j’ai vraiment apprécié cette Transjurassienne. J’ai trouvé que c’était moins monotone qu’un trail, les portions lentes sont plus rapides qu’à pied et le tout passe plus vite. C’est en revanche plus compliqué de prendre des photos pendant la course…

Je pense que j’y reviendrai et comme m’a dit Babasse : « t’es un vrai Jurassien maintenant ! »

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