DEFI n°1 – MARATHON DE GENEVE : Check !

DEFI n°1 – MARATHON DE GENEVE : Check !

Et voilà, nous sommes rentrés de notre week-end chez les Helvètes après un difficile Marathon de Genève placé sous le signe de la chaleur. Encore un superbe week-end entre famille, amis et course à pied.
J’y allais avec des ambitions tout en sachant que j’allais m’engager dans une aventure encore inconnue pour moi, pleine d’incertitudes.
J’en reviens qu’avec de belles images en tête et quelques douleurs dans les membres inférieurs…

Pour résumer, voici la recette de mon Marathon de Genève :

  • Une avant course estivale avec la famille et des amis
  • 10km de promenade
  • 12km de course poursuite
  • 9km de gamberge
  • 11km de souffrance
  • Un sentiment de devoir accompli

L’avant course : un parfum de vacances

Si je me suis engagé sur ce Marathon de Genève, c’est avant tout grâce à Marie. Ce week-end était donc aussi et surtout l’occasion de retrouver quelques amis de la Runnosphère. Comme en plus, nos filles respectives ont à peu près le même âge et qu’elles s’entendent bien, tout semble réuni pour une balade genevoise réussie !

Nous partons de la maison ce samedi 7 mai en milieu de matinée et nous empruntons les routes de campagne, mon principal objectif étant de franchir le col de la Faucille pour pouvoir admirer le magnifique panorama sur le lac, Genève et en toile de fond le majestueux Mont Blanc.

montblanc

Nous arrivons vers 12h à l’hôtel puis nous nous dirigeons vers le village Marathon au Jardin Anglais, tout près du pont du Mont Blanc qui sera le décor d’arrivée de la course et du fameux Jet d’Eau. Il fait beau, il fait chaud, on se croirait en été ! Après un petit en-cas, nous allons avec les enfants dans l’aire de jeux prévue pour eux puis nous retrouvons Marie et sa petite famille. Des retrouvailles un an et demi après le Marathon-relai de Montpellier. Les filles se retrouvent immédiatement, c’est vraiment sympa.

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Puis nous allons chercher le dossard, n°616, nous en profitons pour faire quelques photos souvenirs, je récupère le t-shirt « Compressport » de la course, nous raflons quelques produits ça et là sur les stands des partenaires et nous retournons nous poser dans l’herbe. Philippe (The PinkRunner) et Béatrice nous rejoignent, ce sera pour lui son 49° marathon (le 50° sera la semaine suivante à Liège).

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Après un petit passage par l’hôtel, nous retournons ensuite en centre-ville pour un repas tous ensemble au restaurant et une soirée bien sympathique. Fin de journée « pré-Marathon » vers 22h30.

Dimanche matin, jour J, je ne dors plus depuis 6h… Je me lève donc de bonne heure et prend mon temps pour aller déjeuner, prendre une douche, m’habiller avec le tout nouveau t-shirt Runnosphère qui m’accompagnera durant plus de 42km. Puis c’est le départ, à pied puis en tramway, pour rejoindre Chêne-Bougerie où aura lieu le départ. J’y retrouve Béatrice et Philippe, je me prépare avec eux, nous avons encore un peu d’avance avant le coup de feu. Nous cherchons Marie mais nous ne la retrouvons pas. Alors à 10’ du départ, nous nous plaçons dans nos sas respectifs, 3h15 pour moi, suivons l’échauffement collectif qui ne pourra pas faire de mal et à 9h45, nous nous élançons pour 42.195km dans la campagne Genevoise. L’aventure commence pour moi avec toutes ces questions qui me trottent encore dans la tête : vais-je pouvoir suivre le meneur d’allure ? Vais-je tenir le rythme sur la durée ? Nous verrons bien…

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Le départ : 10km de promenade

Nous voilà partis. Je me souviens des paroles de Philippe, l’expérimenté de la distance, qui me disait il y a quelques minutes : « ça m’énerve tous ces coureurs qui se collent comme des mouches sur un pot de miel au meneur d’allure, moi, je me place un peu derrière ou un peu devant ». Alors c’est ce que je fais, je reste environ 10m derrière le drapeau jaune, je le garde en vue. Effectivement, je me demande comment il arrive à respirer avec cet amas de coureurs à ses baskets !

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Le peloton est dense mais j’arrive à trouver mon rythme assez facilement. D’ailleurs, je trouve que ces premières foulées sont faciles, j’ai vraiment l’impression d’être sur une allure de croisière. Du coup, je prends confiance. Les kilomètres avancent et le meneur nous indique à chaque fois que nous sommes quelques secondes en avance sur les temps de passage. Je vérifie à ma montre et effectivement, elle indique environ 30 secondes. Plus on évolue et plus l’avance s’accroît d’ailleurs… Mais je suis vraiment bien. J’en profite pour admirer le paysage puisque nous nous retrouvons tantôt face au Mont Blanc et tantôt face aux Mont Jura.

Premier ravitaillement et premier questionnement : dois-je m’arrêter quelques secondes pour boire un verre ou dois-je continuer de courir ? Le meneur s’arrête. Alors moi-aussi et je suis rassuré, j’aurai le temps de me ravitailler sans perdre l’allure.

Nous franchissons la barre des 10km, je suis en avance de près d’une minute sur mon objectif et tout va bien, une vraie promenade pour le moment.

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K10 : 12km de course poursuite

Peu après les 10km, il y a le second ravitaillement. Les tables sont sur la gauche alors je serre du bon côté et piétine un peu derrière le coureur de devant. Le mec de derrière me rentre dedans et me pousse, je ne vais pas assez vite pour lui ! Voilà typiquement ce qui m’énerve sur ce genre de course ! Alors je riposte et râle après lui. En repartant, je m’aperçois que la flamme jaune commence à s’éloigner alors je remets du rythme et reviens assez facilement sur mon groupe.

Puis arrive l’inévitable envie … d’uriner ! Avec tout ce que je bois depuis une semaine et encore le matin de la course, même si j’ai pris mes précautions avant le départ, ça n’est pas surprenant. Je décide donc de forcer le pas pour prendre un peu d’avance sur le meneur. Je me dis qu’ainsi, j’aurai le temps de faire mon affaire et en repartant, j’aurai moins à courir pour me remettre dans le pas.

J’exécute ma stratégie : je double le groupe, prend 20 ou 30m d’avance, défais en courant le lacet de mon short, m’arrête au bord champ de colza et « me détend »…

Comme prévu, le meneur repasse devant. Sauf que mes plans n’incluaient pas le fait que mon envie était … interminable ! Le drapeau jaune s’éloigne peu à peu, vire à droite au bout de la route… Je me presse un peu et repars en me rhabillant, j’ai déjà près de 100m de retard !!!

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J’imprime un rythme à peine plus soutenu pour revenir mais j’ai l’impression que le meneur en a fait de même, je ne grignote que quelques mètres, impossible de reprendre du terrain. Nous commençons à nous engager dans la partie montante de la course (+130m de dénivelé) et il ne ralentit pas ! Moi non plus, certes, mais ça ne suffit pas. Plusieurs fois, dans les changements de direction, je le perds de vue, ça me stresse un peu.

En vérifiant régulièrement ma montre, je vois que je suis pourtant toujours en avance alors comment cela se fait-il que je ne reprenne pas le meneur d’allure ? C’est que lui aussi est forcément en avance, sinon, nous n’en serions pas là. Mais surtout, cette course poursuite puise un peu dans mes réserves, la chaleur n’aidant pas, je commence à taper dans le dur… J’arrive malgré tout au semi-marathon en 1h36, soit encore un peu moins d’une minute d’avance sur les prévisions.

Au ravitaillement qui suit, je file tout droit pour ne pas perdre trop de terrain, une petite fille me tend un gel que je fais tomber. Je lui dis que ça n’est pas grave mais elle le ramasse et me court après : « Monsieur ! Monsieur ! ». Alors je l’attends et la remercie chaleureusement, c’était vraiment gentil de sa part.

K22 : La gamberge

A mi- course, voici la situation :

  • Je me suis fait largué par le meneur d’allure, mais
  • Je suis toujours dans mon objectif pour finir en 3h15, mais
  • Les douleurs aux pieds et aux articulations commencent à se faire sentir

Que dois-je faire ?

Option 1 : je force la machine pour rattraper le meneur en me disant qu’une fois le trou comblé je pourrais reprendre un rythme plus tranquille. Je tente de faire ça sur quelques centaines de mettre mais cette théorie semble infructueuse, je ne vois plus le drapeau jaune !

Option 2 : je lâche prise pour ne pas me faire mal et tant pis pour le chrono, l’important étant d’arriver au bout.

Cette question, je me la pose durant plusieurs kilomètres. Des fois, j’arrive à imprimer le rythme d’autres coureurs qui me semblent bien partis pour revenir mais c’est vraiment compliqué. En plus, à ce moment de la course, on se fait doubler par de nombreux relayeurs et ça met un peu un coup au moral.

Finalement, en regardant ma montre, je vois déjà que ma vitesse a réduit, je suis passé sous la barre des 13 km/h et mon avance va vite être grignotée pour se transformer un moment ou l’autre en retard…

Alors vers le 25° kilomètre, ma décision est prise, j’économise un peu la machine et mon seul objectif est maintenant le pont du Mont Blanc.

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Mon allure décroît régulièrement : de 13.5-14km/h en début de course, je suis passé à 12.5, puis 11.5…puis 10.5… La chaleur est accablante, nous sommes au milieu de champs, sans abri, il faut boire. Je décide maintenant que je marcherai à chaque ravitaillement pour boire un ou deux verres et me rafraîchir un peu la tête. Vers le 30° kilomètre, j’ai la surprise de voir les filles de Marie et son frère. Il me filme avec sa GoPro. Ça fait du bien de voir des têtes connues sur le parcours, même si je pense que je n’ai pas été très loquace face à la caméra ! D’ailleurs, ça me fait penser que sur différents points de contrôle, il y avait aussi des caméras fixes auxquelles j’ai fait des « coucous ». Je pense qu’au fil des images, on devrait voir mon visage se décomposer !!!

K31 : le début de la souffrance

Tranquillement, nous quittons les champs pour retrouver des décors plus urbanisés. Ça n’est pas cela qui me fait aller mieux ! J’ai vraiment mal un peu partout : sous les pieds, aux chevilles et aux genoux. Ce sont les douleurs les plus handicapantes car les musculaires, aux cuisses et aux mollets, je les connais. Et puis je suis tendu ces cervicales, des épaules, des bras… Et pendant ce temps-là, la vitesse continue de diminuer… moins de 10km/h…

Je m’accroche malgré tout car les spectateurs sont vraiment sympas, ils nous poussent bien ! Et puis je veux rallier l’arrivée, il faut que j’aie un temps de course à afficher pour la Sapaudia, l’association pour laquelle je cours aujourd’hui !

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De temps en temps, je vois des coureurs en plus mauvais état que moi, écroulés sur le bord de la route avec les soigneurs ou pris de crampes.

Vers le 32° kilomètre, nous commençons à suivre les berges du lac pour retourner vers Genève. La vue du jet fait du bien. Puis nous passons un tunnel. Là, le bitume est super propre, c’est facile de courir ici. Puis à la sortie, toujours au bord du lac, les kilomètres défilent lentement sur cette interminable ligne droite. J’ai mal partout mais j’essaie de garder un rythme autour de 10km/h. Je me résonne en me disant régulièrement « plus que 7… plus que 6… ». Chaque ravitaillement devient une bénédiction tellement je suis heureux de pouvoir me verser un verre d’eau sur la tête !!!

Au kilomètre 36, j’entends une fille derrière moi super motivée : « ALLEZ, ON GARDE LE RYTHME, ON NE LACHE PAS » … C’est en fait la meneuse d’allure des 3h30 ! Je réalise que j’ai perdu ¼ d’heure sur mes prévisions… A ses côté, un petit gars tout vêtu de rose, Philippe, The PinkRunner ! Il ne me voit pas alors je ré accélère ne me disant qu’un 12km/h, après cette grande période de « repos », ça doit être jouable. Alors, oui, c’est jouable environ 200m avant que je me fasse à nouveau larguer ! Philippe a aussi décroché mais prends régulièrement de l’avance sur moi.

Enfin, nous arrivons dans Genève. Si mon compteur reste coincé à 10km/h, je sais qu’il ne me reste plus que 3km à souffrir. Et puis, dans les rues de Genève, c’est sympa, il y a beaucoup de monde, ça donne envie. Sauf qu’une fois passé la passerelle sur le Rhône, il faut encore remonter jusqu’au bout du quai rive droite pour l’arpenter à nouveau dans l’autre sens… C’est interminable ! En remontant le quai, je croise ceux qui le descendent et donc Philippe. Il est étonné de me voir derrière lui, pas moi !

Et puis à mon tour, je redescends la berge pour atteindre enfin le pont du Mont Blanc. Sur le chemin, les équipes de relayeurs attentent leurs derniers coureurs pour finir avec lui. Me voilà sur le pont, j’ai en face de moi l’arche d’arrivée. Je cherche dans les spectateurs de chaque côté si je vois ma femme et mes enfants. Je ne sais pas pourquoi, les larmes me montent aux yeux. Je crois que c’est de finir malgré toutes les douleurs  qui me fait craquer… Laetitia est juste derrière la ligne d’arrivée. J’ai une mine décomposée, mal partout et ça se voit sur sa photo ! J’ai franchi la ligne finalement en 3h36. Je suis un peu déçu car je pensais être capable de faire mieux mais objectivement, pour un premier marathon, dans des conditions difficiles, ça n’est pas si mal et je m’en contenterai ! Je vais donc récupérer ma grosse médaille de finisher car oui, j’ai fini le Marathon de Genève !

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Philippe est évidemment déjà là, il termine avec 3 minutes d’avance sur moi. Béatrice arrive un peu plus tard et ensemble, nous attendons notre Marie pour notre photo des Runno-Finishers du Marathon de Genève!

Le devoir accompli

Je suis « marathonien » et malgré la petite contre-performance, je fais tout de même partie de cette nouvelle famille ! Je suis évidemment heureux d’avoir fini cette course mais mon état de santé à l’arrivée est bien moins bon que ce que j’espérais : mal partout, des jambes en bois, des douleurs articulaires… va falloir vite réparer ça !

J’ai fini et j’en suis fier car j’ai un temps de course à proposer pour le concours en faveur de la Sapaudia, ça a été un élément important, voire déterminant lors des derniers kilomètres. J’aurais pu basculer dans le « côté obscur » car l’abandon m’a effleuré l’esprit. Plusieurs choses m’y ont fait renoncer : La Sapaudia bien sûr mais aussi cette croyance dans le « mur des 30km ». Personnellement, mon « mur » à moi est arrivé bien plus tôt que ça, juste après le semi-marathon mais jamais au point de m’arrêter. Alors une fois ces 30km atteint et dépassé, hors de question de jeter l’éponge, je devais finir coûte que coûte, en fermant les yeux sur le chrono.

Et puis, 3h36, même si c’est assez loin des 3h15 espérés, cela reste une performance malgré tout pour une toute première expérience de marathon sur route. Surtout que je me classe 312° sur 1475 arrivants, c’est plus qu’honorable je trouve !

Diplome

Ensuite, si vous voulez mes impressions sur le marathon et la course sur route, ce que je peux vous en dire, c’est que j’apprécie beaucoup moins que le trail ! L’ambiance n’est pas la même, on parle chrono, temps, on surveille sa montre, on s’accroche à un meneur d’allure… Certains n’ont même pas vu que nous avions en face de nous le Mont Blanc tellement ils avaient les yeux rivés sur leurs baskets !!! En plus, je me suis branché avec un type sur un ravito qui me bousculait pour un pauvre verre d’eau et pour ne pas perdre 10 secondes ! Le même mec est reparti avant moi et je l’ai doublé 20m plus loin ! C’est nul !

Par contre, j’ai tout de même quelques points positifs sur l’ambiance : les coureurs devant moi qui se sont arrêtés pour secourir un type, les spectateurs déchaînés sur le bord des routes… c’était vraiment chouette.

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Non, les longues distances sur route ne sont pas faites pour moi, le bitume est trop traumatisant pour les articulations. Je me réveille ce matin avec encore des douleurs sur l’extérieur des genoux. On tape le sol à chaque foulée, je n’aime vraiment pas cela. Jusqu’au semi-marathon, ça va, je gère mais là, c’est trop long pour moi. Je l’ai fait, je suis content mais je ne crois pas revenir de sitôt sur ce genre d’épreuve.

Heureusement pour moi, c’est première partie de l’année se termine avec l’accomplissement de mon premier DEFI : le Marathon de Genève. Durant 4 mois, j’ai travaillé la vitesse et l’endurance, je suis enfin arrivé au bout de cette période.

Je bascule maintenant dans ma seconde partie de saison pour mon DEFI n°2 : la TDS ! Retour aux sources, au trail, aux courses dans les sentiers, au dénivelé, tout ce que j’aime ! Et ça ne commence pas plus tard que ce week-end avec notre sortie annuelle des Lacets du Lizon et pour moi les 41 km du Trail des Gorges de l’Ardèche !

Une semaine tout juste après le marathon sur route, je m’engage sur un marathon sur sentier avec 1500m de dénivelé. Mais cette fois, pas d’autre objectif que la distance et le plaisir. Un peu comme aux Trail des Reculées de Lons, je vais y aller en mode « reporter », partir de derrière et suivre les copains et copines des Lacets avec la GoPro !

Je vous tout de même terminer sur quelques remerciements : Bien sûr à mon épouse et mes enfants d’avoir supporté les heures d’absences pour l’entrainement, de m’avoir encouragé et suivi pour ce marathon. Merci aussi à Marie qui d’abord m’a permis d’être là et pour ce sympathique week-end, à Philippe pour les quelques judicieux conseils prodigués avant la course. Un grand merci à tous les gens qui m’ont félicité, encouragé avant, pendant et après la course. Et bien sûr, je remercie particulièrement ceux qui ont parié sur mon temps de course en faveur de la Sapaudia. Les résultats du concours et les gagnants seront annoncés dans la semaine.

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DEFI n°1 – MARATHON DE GENEVE : Réalisé

Place au DEFI n°2 : la TDS

 

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