UTTJ – Partie 1

Vous êtes runner voire même trail-runner. Les courses qui vous font rêver s’appellent sûrement Marathon du Mont Blanc, Diagonale des Fous, UTMB, Restonica… Et bien moi, je suis trail-runner et ces noms me faisaient aussi briller les yeux jusqu’à ce que je rencontre l’UTTJ (Un Tour en Terre du Jura).

Voilà 4 ans que cette course existe, ça fait 4 ans que je parcours les chemins montagneux autour de chez moi et ailleurs. Enfin, cette année, je me suis lancé. Au départ, il s’agissait pour moi d’une simple course de préparation mais aujourd’hui, je peux vous le dire, c’est un vrai défi à part entière.

Je vous ai brièvement présenté la course il y a quelques jours et vous le savez donc, c’est une épreuve en 2 étapes. Alors parce qu’elle le vaut largement, voici mon récit, lui aussi en 2 parties.

Samedi 12 juillet 2014

Le jour J est arrivé, il est 5h35 du matin lorsque mon réveil me sort de mon sommeil. Nous sommes à moins d’une heure et demie du départ d’un sacré challenge : parcourir 110km et 6500m de dénivelé positif en 2 fois. Mon objectif reste la TDS fin août mais courir au-delà des 100km, ça représente juste un record personnel, ma distance maximale étant bloquée à 72km sur la Transju’Trail et les 75km de la Saintélyon . Suis-je capable d’une telle performance ? Je serai fixé demain si j’arrive à Saint-Claude. Saint-Claude, c’est justement là que j’ai rendez-vous dans quelques dizaines de minutes maintenant. J’y suis déjà venu hier, vendredi, vers 16h. Alors que Lucas, Olivier et quelques autres bénévoles étaient en plein préparatifs, Sam me propose de me donner mon dossard alors qu’il est prévu de ne les distribuer qu’une heure plus tard. Je suis donc le premier à posséder mon sac contenant le dossard, la puce électronique, le t-shirt de la course, etc…

6h00 : Il est temps de partir. Saint-Claude est à 10 minutes de la maison, je file donc, je me gare près de l’hôpital et je suis sur le site du départ, devant la Cathédrale vers 6h20. Là, je retrouve les copains : ceux des Lacets du Lizon (René, Brigitte, Kat, Sabine, Céline, Jacky, Noël, Didier…), ceux du Team Trail Jura (Ivan, Cédric), les anciens collègues (Patrick), les doubistes de Doubs Terre de Trail (Jean-mi sur ses échasses, Youyou) et tous les amis qu’on retrouve au départ de toutes les courses du coin. Pendant 20 minutes, ce sont des « salut », « ça va ? », « t’es prêt ? », « bonne course »… Nos sacs pour le bivouac sont jetés dans le camion et nous nous dirigeons vers la ligne de départ pour écouter le briefing de Sam.

7h00 : le temps est maussade, gris, brumeux mais il ne fait pas froid. Beaucoup d’entre nous décidons de partir en manches courtes. Le départ est alors donné avec quelques minutes de retard. Mais quelle importance vu que nous avons 55km et 3750m de dénivelé positif à parcourir pour rejoindre Mijoux, le temps n’est pas compté ! Nous sommes lâchés devant cette magnifique cathédrale gothique pour la longer sur sa gauche et emprunter la montée de la Cueille. Déjà, le peloton s’étire, les relayeurs prenant sans doute les devants (je n’ai pas vérifié). Après quelques encablures, les premiers chemins en montée et déjà, la moitié ne court plus, j’en fais partie.

J’ai pris le parti de suivre René. Celui-là, c’est un jeune homme dans sa dernière année de V2 qui part doucement mais qui va sûrement. Un vrai métronome avec son rythme régulier, j’ai déjà vécu l’expérience de partir vite pour que René me rattrape, me traine et finisse par me doubler. Cette fois, si je suis devant, je reste à portée, je ne me grille donc pas. Je cours à ce moment là avec Cédric du TTJ. On discute pas mal dans le peloton et déjà, le Mont Bayard est avalé. René m’a rejoint et je reste avec lui, parfois devant, parfois derrière. Je ne sais d’ailleurs plus vraiment où il se trouve lorsque nous arpentons les crêtes du Fresnois. Sam me racontera plus tard une anecdote où à cet endroit, avec un ami et son chien, il s’entrainait dans le coin. Puis à un moment, le chien s’en va, certainement après avoir vu un chamois et d’un coup, quelques hurlements canins puis plus rien. Le chien aura été retrouvé le soir, sans dommage, au pied de la falaise. Falaise que j’ai d’ailleurs du mal à deviner tellement la brume nous bouche la vue.

Un peu plus tard (je ne sais plus quand exactement), c’est la redescente vers Saint-Claude, j’ai retrouvé René et je le suis. D’habitude, je descends vite et devant mais là, je reste prudent et derrière. Ma prudence aura eu finalement raison de moi puisque je me retrouve les fesses par terre après une belle glissade dans la boue. René a déjà fait l’UTTJ, il sait donc qu’après nous attend un long chemin blanc d’ailleurs assez monotone. Mais ça, c’est sans compter sur l’imagination des organisateurs qui nous ont trouvé un petit single en lacets tout simplement magnifique ! Et puis c’est le retour sur Saint-Claude pour le ravitaillement après 3h30 de course.

Ici nous attend une belle ambiance : les relayeurs ont déjà passé la main pour la plupart et ceux qui restent, notamment Céline et Brigitte, nous encouragent et nous félicitent. C’est également le cas des nombreux spectateurs et des gentils bénévoles présents sur place. Ça fait chaud au cœur ! Personnellement, je prends mon temps pour me ravitailler. René, lui, repart avant moi, je ne le reverrai plus.

Une fois rassasié, je repars. Je me dis que la vraie course commence maintenant, que ce premier tour n’était finalement qu’un échauffement. Ce qui me fait penser ça, ce sont les difficultés à venir et ça commence immédiatement par le Mont Chabot. J’ai découvert cette côte l’an passé sur la course découverte de 10km. J’avais dû m’arrêter à mi-chemin pour reprendre mon souffle tellement elle est raide. On est parfois obligé de poser les mains tellement ça grimpe ! Mais cette année, je l’aborde différemment. Je l’ai monté 2 fois de plus depuis l’année dernière, je sais mieux la gérer. La preuve en est que je double rapidement une concurrente, je m’accroche à un second pour le dépasser et rejoindre une troisième au sommet. Finalement, il n’y aura que des relayeurs frais et « propres » qui me dépasseront. Cette coureuse du sommet, je la repère car elle me dépassera un peu plus loin. Nous avons en fait joué au chat et à la souris sur la relance qui suit et nous faisons plus ou moins route ensemble jusqu’au début de la descente de la Pérouse. Je connais le chemin et l’avertit qu’il risque d’être très humide et je pars devant. Je descends fort et comme prévu, au milieu de la descente, nous sommes obligés de courir au milieu d’une rivière ! J’arrive vite en bas où je croise à nouveau d’anciens collègues autochtones (Martine et Jean) à qui je dis rapidement bonjour en passant. Je traverse ensuite la Gaité pour descendre jusqu’au Tacon.

La suite, c’est la remontée vers le Pré Martinet où nous attend un super ravito chez Sandrine et Xavier. Là, c’est du 3 étoiles : on me prend le sac pour remplir la poche à eau, du choix à n’en plus finir pour se refaire une santé (certains auront même eu droit à du melon ou des haribos !), Xavier prend des nouvelles de mon état de forme, bref, du 3 étoiles comme je vous le disais ! Alors que la miss du Mont Chabot arrive à son tour, je repars pour la grosse montée du jour, la fameuse Roche Blanche, bien célèbre chez les Haut Jurassiens ! Ce sont 2.5km pour gravir 700m de dénivelé. Là encore, je pars doucement et au fur et à mesure, je trouve un bon rythme qui me fera doubler 6 concurrents sans me faire rattraper et atteindre le sommet en 53 minutes. Je me dis que c’est loin d’être un record mais vu les circonstances (j’ai déjà fait 30km, le terrain est un peu glissant…), ce n’est pas si mal ! Malheureusement, la météo est toujours la même, nous sommes dans le brouillard et la vue est totalement bouchée.

Et puis, il y a l’après Roche Blanche. Pour l’avoir vécu 2 fois sur le Trail des 7 Monts, je ne suis jamais à mon avantage dans la dizaine de kilomètres qui suivent. Et bien jamais 2 sans 3 : j’ai une fois de plus un coup de moins bien, un manque de motivation qui m’empêche cruellement de relancer correctement. Alors j’avance doucement, je prends mon mal en patience, ça va finir par revenir. Ça paraît long sur le coup mais finalement, j’ai assez rapidement Septmoncel en vue avec le ravitaillement de l’Etain. Là encore, le choix est pléthorique ! Outre les traditionnels tucs, fromage, fruits (frais et secs), on retrouve également des petites brioches, gâteaux au chocolat… j’en profite donc pour me refaire une santé, Cédric, que j’avais perdu de vue à Saint-Claude est derrière moi, il a mal à un genou. La famille Gree est là et Brigitte en profite pour me photographier les fesses pleines de boue ! Je retrouve la motivation qui m’avait manqué plus tôt et je repars seul et en bonne forme.

J’entame alors une longue montée du côté de Lajoux pour rejoindre les Platières. J’ai même rattrapé les coureurs de devant. Seuls 2 accélèreront sans que je puisse suivre. La pluie s’invite et je sors pour la première fois le coupe-vent. Et puis c’est une longue descente régulière qui nous emmène vers Mijoux et j’en profite pour améliorer ma moyenne. Une fois en ville, quelques spectateurs sont là et au carrefour, Sam me montre le chemin. Il reste 200m de légère montée avant la ligne d’arrivée. Il est aux environs de 16h30 lorsque je passe sous l’arche. Sabine, David, Brigitte sont là pour m’accueillir. Je regarde le panneau d’affichage, je finis l’étape en 9h20 à la 102° place.

René est là depuis 30 minutes, Jacky encore plus tôt, Noël est 12°… Je me ravitaille, je récupère mon sac, prends mes quartiers dans le dortoir puis file sous la douche. Ensuite, nous discutons, nous nous racontons cette belle journée de course, nos anecdotes, nos « faits d’armes » ! C’est ensuite le podium du jour : Yannick Pierrat, le jurassien des Bouchoux gagne l’épreuve, suivi par un australien (l’UTTJ s’exporte au bout du monde !). Côté filles, Elisabeth Moyne, habituée des podiums est devant Renée Grenard, une autre habituée ! Sur le relai, Ivan et son complice sont 1ers. Puis vers 19h, nous allons dîner.

Après un bon repas, vers 19h30, avec Brigitte, Jacky et René, nous décidons de descendre en ville pour aller à la rencontre des « serre-files », ceux qui ont la dure tâche de suivre les derniers, ramassés les égarés, écarter les « trop lents » qui ne franchissent pas les barrières horaires. Ils sont partis comme nous à 7h ce matin et il est 20h15 lorsqu’ils rejoignent Mijoux. Plus de 13h d’effort sur un rythme assez cassant à mon avis. Parmi eux, Kat qui repartira pour cette labeur le lendemain, bravo à elle.

Avant d’aller se coucher, je profite qu’il n’y ait plus trop d’attente pour me faire masser. Là, l’étudiante bisontine en kiné me fait découvrir des douleurs et des lésions que je n’imaginai même pas ! Jean-Mi est là aussi. Il s’est foulé la cheville dans la toute 1ère côte et les kinés d’emblée lui annoncent qu’il aura du mal à repartir le lendemain. C’est déjà beau d’avoir fini l’étape dans son état. Pour lui, la course est finie. Pour moi, elle pourra repartir, j’ai cette chance. Autre chance, j’ai pu dégoter un vrai lit dans une chambre plutôt que de dormir sur un tapis de sol. Il est 22h30, bonne nuit à tous, il est temps de reprendre des forces car demain, on recommence !

Suite

Cet article a 1 commentaire

  1. Avatar

    Grosse perf Lolo,n’étant pas du coin ,je ne peu me souvenir comme toi de tt les lieux..
    Je pense revenir mais quand ? votre region est magnifique…meme si ,j’ai rien vu du w-end
    Le courage des girls serres-file !!! j’ai fait qlqs hm avec elles aussi le dimanche..trop fortes !!
    Au plaisir

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