Mon Trail des 7 Monts

Il est des jours où vous avez envie mais vous n’y avez pas la tête… Vous savez, des jours où vous voulez bien faire mais où la moindre distraction, le moindre imprévu, vous fait changer vos plans et vous montre une autre facette de la journée que vous aviez planifié. Et bien mon Trail des 7 Monts, ce fut quelque chose comme ça. Moyennement préparé mais avec l’envie d’en découdre avec ces 35km et 2200m de dénivelé et puis …

Et puis rien ne se passe comme prévu!

Ce matin du 13 octobre 2013, je me lève aux aurores (en fait non, il fait encore nuit) et tout démarre plutôt bien. Alors qu’habituellement, au matin des courses, je suis toujours un peu “à la bourre”, là, j’ai le temps de .. prendre le temps! Douche, petit dèj’, dernières news sur les réseaux sociaux… Et puis je pars à l’heure, mon “paquetage” était prêt depuis la veille, je prends la voiture de madame qui voudrait que je lui fasse le plein… Je vais donc faire le plein et arrive comme prévu à 7h10 devant chez Julien, mon compère du jour. Je le connais un peu le Juju, souvent un peu en retard, alors j’attends et puis une lumière s’allume devant chez lui et je le vois sortir. Le gaillard est habillé dans une tenue que j’appellerai “légère” vu les conditions météo (il fait froid) et le profil de course (long, des passages en altitude, au vent…). Il se ravise un peu et nous partons.

7h45, nous arrivons à Septmoncel. Voiture garée, nous allons chercher le dossard, avec du mal car nous croisons évidemment moult coureurs que nous connaissons. Ça y est, sésames récupérés, retour à la voiture pour les dernières préparations. C’est confirmé, il fait froid, nous sommes ici à 1000m et ce n’est pas le point haut de la course. Avant de rejoindre le départ, nous nous dirigeons vers les commodités pour nous alléger seulement voilà, Julien est … (je ne décrirai pas la scène) … moi j’attends devant la porte et le départ doit être donné dans 2 minutes! Je décide  que je ferai plus tard ce que je dois faire et nous nous dirigeons vers la ligne de départ. J’ajuste ma toute nouvelle GoPro sur sa perche pour saisir le moment… Nous sommes en fin de “grille” (forcément!), je filme le décompte… Cette fois, c’est parti, le Trail des 7 Monts est lancé!

01 - depart

Le peloton commence à s’étirer lorsque… Mais que font-ils? Normalement, ça part à droite et eux, ils vont à gauche???? L’organisateur accoure : “A droite! A droite!” Pour une fois, le fait d’être derrière nous avantage puisque nous, nous allons … à droite! Nous voilà donc maintenant en tête de la course, du jamais vu!!! Alors évidemment, je fanfaronne :  “Lolotrail mène la course, c’est énooorme!” Le reste du peloton n’aura finalement fait qu’une petite boucle avant de nous reprendre. Mais vous êtes-vous déjà fait doublé par un prétendant au podium? Si c’est le cas, soit vous êtes vraiment partis fort, soit le-dit prétendant vous a pris un tour! Et bien moi, je suis parti tranquille et je vois le François Gonon (champion du monde par équipe de CO qui remportera l’épreuve), mon Aurélien Petitjean (qui finira 4°), mon Sangé Sherpa (qui finira sur la 2° marche) me passer, tout sourire … et moi aussi !

03 - depart tete de course

Bon, nous voilà dans la “vraie course” cette fois. Nous décidons de partir sur un rythme moyen, ni trop vite, ni trop lentement. Et puis au bout de 500m, Julien s’arrête faire ses lacets… Au bout d’un bon kilomètre, je me rends compte que je n’ai pas mis à montre en route … Au bout de 3kms, je me rends compte cette fois que moi non plus, je n’ai pas fini de faire mes lacets !!! Voilà donc un enchainement d’évènements qui, s’ils sont loin de plomber le moral, me font dire que ce n’est pas aujourd’hui que je vais faire un bon chrono!!! Quand je vous dis qu’il y a des jours où tout ne se passe pas comme prévu…

04 - champs

Bref, la course se poursuit dans une bonne humeur, on plaisante, on discute, on crois Lucas de retour de son UTAT qui est venu jouer les ouvreurs et puis première surprise : on distingue au loin un aperçu du panorama que nous pourrons contempler plus tard : une belle mer de nuages au dessus de la vallée de Saint Claude! Le chemin se poursuit, on monte, on redescend… Je confirme que je suis toujours à l’aise dans les descentes : on a beaucoup doublé en faisant même un peu de hors-piste! Un vrai plaisir… Et puis ça relance, ça remonte, raide cette fois pour arriver au passage des chaînes. Oui, des chaînes, ustensile rendu très utile à cet endroit tellement c’est abrupt! L’an passé, avec Riri, nous étions arrivés tard à cette endroit ce qui nous a valu 1/4h d’attente. Cette fois ça passe bien. La suite, c’est encore de la côte mais pour quel résultat : le 2ème des 7 monts, le cirque des Foules et la confirmation de ce splendide panorama au-dessus des nuages! Julien a pris un peu d’avance pendant que je joue les touristes, je raccroche un petit groupe devant moi et je les suis jusqu’au Replan, le 3ème Mont avec encore une superbe vue. Nous en finissons ensuite avec cette 1ère boucle de 12km pour revenir au point de départ pour le ravitaillement.

Julien est là, il m’attend. Sur place, j’en profite pour dire bonjour aux amis que je n’avais pas vu le matin, pour plaisanter un peu (Simon de Gavand Sport veut me remplir mon sac de saucisson sec et de Chips!!!). Julien est pressé, pas moi… mais sous la pression, nous repartons. Quelques mètres plus loin, je fais une rapide pause technique avant de rattraper Julien dans la descente, de le doubler et de même le distancer! Du coup, je profite des quelques minutes que j’ai pour faire ce que je n’ai pas pu faire ce matin (rappelez-vous, juste avant le départ…). Il arrive, mal au genou… Je le rassure, la plus grosse partie de la descente est passée, même si elle n’est pas finie. On rattrape le bitume pour passer sous la Roche Percée et on continue la perte d’altitude jusqu’au Flumen. Là, à nouveau, je m’arrête prendre des photos mais Julien ne m’attend pas. Pas grave, je décide de m’économiser car dans 1km, c’est LA difficulté du jour. Au bout du chemin, je m’arrête changer la batterie de la GoPro.

09 - roche percée

Lorsque je repars, je suis seul .Enfin pas tout à fait car des coureurs m’ont doublé. Je regarde ma montre car je veux savoir combien de temps je vais mettre pour vaincre Roche Blanche et ses 2.3km pour 700m de dénivelé positif. Dès le début, c’est dur. Je monte péniblement mais sur un bon petit rythme. Seulement voilà, les crampes font leur apparition sur les cuisses. Malgré tout, j’arrive à recoller et même doubler ceux de devant. J’atteins les pylônes, je suis à plus de la moitié de la grimpette. Si le terrain est moins raide, les crampes se font de plus en plus ressentir, je ne peux plus accélérer. Enfin, je vois le bout et arrive au belvédère de Roche Blanche en 48 minutes, c’est 12 de mieux que l’an passé! Là encore, je profite un moment de la vue, je sors quelques douceurs sucrées de mon sac pour reprendre un peu de force et je repars en marchant. Là, je croise la copine de Julien qui m’annonce qu’il est passé il y a 10 minutes mais qu’il a dit que je le rattraperai dans la descente. Sauf que là, il n’y a pas de descente avant plusieurs kilomètres! En plus, j’apprendrais plus tard qu’un collègue m’ayant doublé a dit à Julien qu’il ne m’avait pas vu mais qu’il a aperçu un gars arrêté sur le bord du chemin (quand je changeais ma batterie…). Julien a pensé que j’avais abandonné… A partir de là, je sais que je ferai les reste de ma course sans lui.

10 - roche blanche

Nous sommes maintenant à environ 1200m d’altitude et … les pieds dans la neige! Et oui, dans les prés, dans les combes jurassiennes, en ce 13 octobre, il y a 15cm de neige! Alors si moi je suis la trace de mes prédécesseurs, j’imagine la tête de course qui a dû se frayer le chemin! Je suis ici incapable de relancer : Entre les crampes, les vallons et la neige, je ne suis pas au mieux de ma forme… Alors je marche, sans m’arrêter. C’est la partie la plus longue pour moi, jusqu’à ce que je croise un groupe de gens, 2 sont à cheval et les autres… à ski ! Je discute 2 minutes avec eux avant de repartir. Cette petite pause m’a fait du bien car ensuite, je relance sur le plat et les descentes. Je rejoins ainsi un petit groupe de coureurs et on joue au chat et à la souris : je peine en côte avec mes crampes et je rattrape et double en descente!

11 - neige

Enfin, on commence à revenir sur Septmoncel et la neige se raréfie. Je peux enfin ré-accélérer sur le plat. Bon, je continue à marcher en côte mais je reprends du plaisir car je sais que même si je m’arrête un moment, je suis capable de revenir sur le groupe. Ravitaillement de Montépile : je discute à nouveau. Les gens sont en train de préparer une fondue! Je connais bien le reste du parcours alors je laisse repartir le petit groupe devant et comme prévu, je reviens sur eux et les dépasse juste avant la dernière difficulté, le 7° mont : la montée des Grès, 1.3km et 400m D+. Je prends la tête du groupe rapidement en montant sur une bonne allure. Vite, les crampes réapparaissent mais j’arrive à les gérer. Un 1er champ, puis un 2ème… Je me retourne, j’ai 20m d’avance sur mon poursuivant. Passage de buis et nous voilà à découvert. Le vent souffle mais me porte pour arriver au sommet seul, sans personne derrière. Encore une fois, la vue y est magnifique!

06 - mer de nauges

J’enchaine avec la dernière descente, il me reste 1km. Les crampes ne m’ont pas quitté cette fois mais elles restent gérables. Je garde un rythme de croisière, je retrouve le parking et la dernière boucle de bitume. Personne devant mais surtout personne derrière. J’y vais donc tranquille. Le speaker (qui fait toutes les courses du coin et dont j’ai oublié le nom… si quelqu’un l’a d’ailleurs, merci de me le dire!) m’annonce, je franchis la ligne, Dominique Piazzola, de l’hebdo du Haut Jura est là pour la photo (Fab est déjà reparti mais il m’a eu au ravito), la dame qui note les arrivées m’annonce 80°. Je regarde ma montre : 5h34. Bon, il me manque les quelques minutes du départ… en réalité, je finis les 35km et 2200m de D+ en 5h43. Julien est là depuis 1/4h, content de me voir arriver, c’est moi qui ai les clés de la voiture! Les copains des Lacets du Lizon sont là aussi (enfin, ceux qui ont fini avant moi ou abandonné) et après s’être changés, nous partageons un bon plat de jambon-lentilles ensemble!

12 - finish

Alors même si j’étais motivé, même si le plan ne s’est pas déroulé “sans accroc”, nous avons encore profité d’un super trail, très exigeant mais très bien organisé avec de splendides panoramas. Côté météo, s’il a fait froid, il n’a pas plu, il y a même eu un beau soleil au dessus des nuages. Et la surprise de courir dans la neige à cette saison! Une très belle journée, une très belle course!

02 - depart   05 - chevaux

07 - chaine   08 - mer de nuages 2

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Cet article a 2 commentaires

  1. Avatar

    Et bien BRAVO Lolo !!! Entre les conditions météos extrêmes, les douleurs (crampes et genou) et la difficulté du parcours je trouve que tu t’en es très bien sorti !!! Après ça tu peux te lancer à l’assaut de courses plus longues, c’est quoi ton prochain objectif ?

    1. lolotrail

      Merci Fanny! Le genou ne m’a pas embêté cette fois, en fait, plus depuis Juin, à n’y rien comprendre mais tant mieux! Cette course est vraiment chouette et je ne peux que la conseiller à tous les sportifs qui veulent découvrir la région! Elle est aussi très exigeante et à mon avis plus difficile qu’un Marathon du Mont Blanc. Côté objectif, je passe maintenant en mode “nuit” avec dès samedi l’Izernight, à Izernore, à coté d’Oyonnax pour 25k nocturne, bonne préparatin avant la SaintéLyon qui m’attend début décembre. Bonnes vacances à toi en Franche-Comté!

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