UTTJ 2015 – Jour 2 : La reconversion

Après une première journée que je peux estimer ratée côté course mais pas côté ambiance, il nous faut maintenant rentrer à Saint Claude depuis Mijoux. Ma course est terminée mais pas l’UTTJ et je compte bien encore profiter de ce 2ème jour!

Ma première journée s’est terminée par une déception, celle de ne pas être allé au bout, d’avoir dû abandonner. Mais l’abandon fait partie de la course et je me devais de réagir rapidement pour ne pas laisser place à la démotivation. D’un autre côté, cette épreuve est tellement belle, les organisateurs sont tellement à notre écoute et tellement sympas que j’avais envie de les aider sur ce second jour. Il me fallait trouver un moyen de me rendre utile.

Alors lorsque j’ai vu Kat, fermeuse de la course, extenuée, je lui ai proposé de prendre sa place, ce qui en quelque sorte perpétue la tradition qui dit que les membres des Lacets du Lizon sont employés pour fermer l’UTTJ, c’est ainsi tous les ans alors je ne déroge pas à la règle! En ce dimanche, je vais donc troquer mon dossard n°192 par un dossard “FIN” !

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Hedbo du Haut Jura

Du coup, je n’ai plus aucune pression sur les épaules samedi soir et je peux profiter au maximum du bivouac. Évidemment ,il y aura bien quelques points de détail concernant les consignes du parfait fermeur de course, la prise en main de la radio notamment. Aussi, du coup, je ne partirai qu’après les derniers, c’est à dire les meilleurs de la veille qui démarrent à 8h alors que les moins rapides du samedi devront passer une courte nuit pour un départ à 6h.

Dimanche, vers 5h, les premiers se lèvent dans la chambrée pour se préparer. Je me lève avec eux alors que d’autres roupillent encore. J’aurai donc le temps de profiter de cette matinée et des 3 vagues de départs successifs à 1h d’intervalle chacun. Il fait encore frais à cette heure ci, les premiers rayons du soleil comment à pointer, c’est très agréable.

6h00 : les premiers courageux, à peine réveillés, partent pour la toute première ascension du jour qui les mènera vers les Monts Jura. Voilà de quoi les réveiller définitivement! De mon côté, j’en profite pour encourager les prochains partants, accueillir les arrivants, préparer mon sac pour la journée, profiter de la fraicheur du matin à Mijoux.

7h00 : la 2ème vague démarre. Ce sont ceux qui ont fini hier entre 15h et 18h (soit 8h à 11h de course). Ils sont nombreux et eux aussi partent pour gravir la première côte. Ils devraient rattraper les derniers partis une heure plus tôt sur les hauteurs. Pendant ce temps, je profite toujours : petite discussion avec Luca Papi sur les fringues Waa, la marque qui le sponsorise, je rigole avec les copains qui sont déjà debout, les fermeurs qui nous relaieront à la Borne aux Lions.

C’est 8h00, l’heure du dernier départ et donc du nôtre! Avec Julien, mon collègue du jour, nous sommes prêts et heureux d’être là. Pour moi, c’est l’occasion de faire encore une belle balade aujourd’hui bien que je sois “hors-course”, pour lui, c’est la première fois qu’il affronte les Mont Ju’ en rando-course et surtout, ce sera sa plus longue distance jamais parcourue lui qui n’a jamais fait plus que le Semi-Marathon de la Transju’ (23km) il y a 1 mois.

© Kat P.

Sur la ligne, ils sont 24. Les 24 plus rapides du samedi et nous savons déjà que nous ne pourrons pas rester au contact longtemps. Il n’y a qu’Emmanuelle, le relai de Noël, qui est en retrait car elle n’est manifestement pas au niveau des 23 autres brutes! Il faut dire qu’elle aurait dû partir à 7h mais Noël a franchi la ligne à 14h59 hier!

Effectivement, nous sommes rapidement distancés dans la première côte. Nous plaisantons, nous rigolons, nous profitons vraiment de la chance qui nous est donné d’être là dans un si beau lieu et par une magnifique météo! Au passage, nous croisons Moux (JF Bourgine) qui nous gratifiera d’une belle photo. En discutant, on se rend à peine compte que nous sommes déjà à la Vieille Faucille à environ 1300m d’altitude et où nous attend le premier poste de secours qui annonce notre passage. Ils vont pouvoir aller se placer plus loin.

© JF Bourgine
© JF Bourgine

D’ailleurs, c’est assez marrant car nous portons avec nous la radio pour pouvoir prévenir des abandons, des blessés, perdus,… et du coup, nous entendons tous les messages entre postes de secours, PC, organisation, PC sécurité… dans un langage quasi militaire et parfois codé que nous avons du mal à saisir!

Mine de rien, seuls mais pas malheureux, nous continuons notre ascension. Nous croisons parfois quelques supporters ça et là qui redescendent dans la vallée (vous le connaissez celui qui vous annonce votre place sur toutes les courses du Jura lorsque vous passez devant lui? Et bien il était là!). Et finalement, nous voilà au sommet du Mont Rond à 1596m. Nous venons de grimper presque 600m en moins de 6km. Nous y retrouvons Titi (Patrick) que nous libérons de son poste par notre passage. La vue là-haut est magnifique avec un joli panorama sur le lac Léman avec en son extrémité Genève reconnaissable par son grand jet d’eau et en toile de fond les Alpes déjà voilées.

Ce panorama nous suivra pendant toute notre progression le long des crêtes des Monts Jura, nous aurons le temps d’en profiter. Notre chemin nous permettra alors de passer par le Grand Mont Rond à 1614m et le Colomby de Gex à 1688m. Au passage, nous continuons de libérer les signaleurs : Trit, Fred et j’ai la surprise de voir ici Philippe (Bourgine, le frère du 1er!) qui nous mitraille à son tour avec son objectif.

© P Bourgine
© P Bourgine

Côté course, de notre côté c’est le calme plat. Il faut dire que nous ne nous attendions pas à rattraper les coureurs partis à 8h et les moins rapides sont partis bien avant nous… Nous entendons de temps en temps à la radio qu’un coureur a abandonné. Puis en descendant sur le col de Crozet à 1485m, nous apprenons que les derniers coureurs arrivent sur Lélex… Nous ,nous entamons à peine notre descente en passant par l’arrivée du télécabine de la Catheline et le refuge de la Loge. C’est ensuite notre tour d’emprunter le sinueux chemin qui dévale la pente jusqu’en bas de la vallée.

Presque en bas, au refuge du Ratou, je reçois un appel radio du PC des secours qui nous demandent où nous sommes et si nous pouvons nous rapprocher des derniers! C’est pas qu’on ne veut pas mais rattraper des gens, même moins rapides, qui sont partis 2h avant nous, c’est un peu mission impossible! Puis enfin nous rallions le ravitaillement de Lélex. Cela fait moins de 3h30 que nous sommes partis et nous avons parcouru plus de 17km et 900m de dénivelé. Une petite pause qui fait du bien. Là, je retrouve Ninon, 2ème du classement féminin la veille. Elle a malheureusement dû abandonner à cause d’un doigt de pied abîmé qui cogne au fond de la chaussure à chaque foulée en descente.

© Hebdo du Haut Jura
© Hebdo du Haut Jura

Nous repartons et nous savons que la portion qui suit sera plus calme car nous allons longer quelques temps la Valserine au fond de la vallée sur quelques kilomètres. C’est alors qu’à la sortie de Lélex, nous rencontrons le dossard n°52 qui rebrousse chemin accompagné de 2 spectateurs. Il n’en peux plus et n’a pas osé entamer la montée suivante. Il préfère abandonner là et rejoindre le ravitaillement pour se faire ramener par son épouse. Nous le signalons donc aux secours et à l’organisation.

Après plus de 20km, c’est temps pour nous d’affronter les dernières côtes vers le Niaizet pour remonter sur la Haute Cernaz. Ici, le single présente une pente bien raide! En plus, à partir de là, nous commençons le débalisage jusqu’au prochain ravitaillement, ce qui nous ralentit un peu dans notre progression. En rejoignant le chemin blanc, les secours présents nous indiquent que le dernier coureur est passé 45 minutes avant nous. Nous avons donc déjà repris un peu de terrain.

Au bout de 24km, la grande ascension se termine du côté des Closettes à 1270m, cette dernière côte de 3.5km et 400m de dénivelé aura laissé quelques traces. Mon collègue fermeur Julien avait au départ dans l’idée d’affronter le Crêt de Chalam pour terminer mais finalement, il se fera sans nous! Enfin, nous passons juste dessous le Crêt au Merle et nous arrivons à la Borne aux Lions pour la mi-course, passage de relai. Nous n’aurons finalement rattrapé personne mais n’arrivons que 15 minutes après le dernier coureur. Nous passons le relai à une bande joyeux lurons : Kat, Tintin, les Gree et les autres. Quant à nous, nous pouvons faire une belle pause en nous restaurant au ravito après notre périple de près de 5h pour 28km et 1400m de dénivelé.

© JF Bourgine
© JF Bourgine

La suite? Et bien nous nous faisons raccompagner à Saint Claude avec quelques pauses à La Pesse et Coyrières pour vérifier qu’il n’y a besoin de rien aux derniers ravitos. Au stade de Serger, je retrouve toute la troupe des Lacets du Lizon, j’assiste à l’arrivée des coureurs, tous heureux d’en être là, je félicite Majell, vainqueur, Seb qui finit 3ème, Luca qui termine 6ème, Cyrielle qui gagne chez les filles et tous les autres copains qui en terminent avec les honneurs!

En fin d’après-midi, je décide de remonter le chemin qu’empruntent les coureurs sur les derniers kilomètres pour rejoindre les collègues fermeurs. Ça n’est que vers 20h que je vois toute une joyeuse bande arriver entourant Yves, le dernier finisher. Je refais les derniers mètres avec eux. Juste devant la ligne, c’est Majell en personne qui vient accueillir Yves, c’est ça l’UTTJ, le premier attend le dernier! Quelle belle image qui reflète parfaitement l’état d’esprit qui règne ici! L’arrivée est triomphale, il y a encore plein de gens présents, qui crient, font tinter les cloches, applaudissent!

© Hebdo du Haut Jura

Et voilà comment se termine mon Tour en Terre du Jura 2015 !

Encore une fois, l’UTTJ est une course que je recommande vivement! Outre le fait qu’elle se passe dans le Jura, c’est vraiment une ambiance particulière. Lorsque tu fais l’UTTJ, en courant, marchant, en regardant les coureurs passer, en étant bénévole, tu te sens en famille! C’est pourquoi elle compte aujourd’hui un grand nombre de “Dinosaures”, ceux qui peuvent aujourd’hui arborer le tshirt “UTTJ Addict” pour leurs 5 participations à l’épreuve sur la course ou à côté. Ce sont ceux qui y goûtent un jour et qui reviennent chaque année car ils savent où ils vont, ils savent que ce sera un super week-end, peu importe la météo, peu importe la difficulté de la course, à l’UTTJ, on se sent bien!

Alors pour finir, je tiens à remercier tout particulièrement :

  • Sam pour sa grande gentillesse, son efficacité en tant que chef d’orchestre de cette superbe épreuve, pour faire en sorte que tout le monde se sente bien, pour arranger les gens autant que faire se peut,…
  • Xavier, Sandrine qui ont pris soin de moi lorsque j’étais au plus mal au Pré-Martinet samedi, comme il le font avec chaque coureur, attentionnés, avenants… Mais aussi leurs enfants qui ont bien aidé à l’organisation et grâce à qui tous les coureurs ont pu se rafraîchir un peu avant d’affronter Roche Blanche;
  • Trit‘ qui doit avoir faim aujourd’hui car il m’a gentiment laissé son repas du midi, une salade de pâtes qui m’a fait beaucoup de bien samedi ! Et bien sûr Juliette qui était aux petits soins avec les éclopés!
  • Babas qui m’a récupéré en haut de Roche Blanche et avec qui j’ai passé un super moment à récupérer les abandons et hors-délais de la première journée.
  • Franck grâce à qui je n’ai pas oublié d’enlever les cailloux dans mes chaussures… ça aurait pu être pire si je ne l’avais pas fait!
  • René, Jacky, Brig‘, Julien et tous ceux avec qui j’ai passé du temps sur les parcours du samedi et du dimanche
  • Majell, Seb, Luca, ces grands coureurs à la quête de podium mais qui n’oublient jamais de rester humbles et attachants, de vrais bons mecs! Tout comme Sangé qui pour une fois ne s’est pas distingué en courant mais en donnant de sa personne en tant que bénévole.

Bien sûr, je n’oublie pas tous les autres, ceux qui restent dans l’ombre, ceux qui travaillent d’arrache-pied pour que nous passions de superbes moments, tous ces bénévoles qui vous mijotent des bons plats, vous servent à manger ou à boire, vous chronomètrent, installent pour vous les tables, chaises, tonnelles,.. ,qui vous attendent depuis des heures au ravito en vous coupant des bananes, vous indiquent le chemin à suivre, vous empêchent de vous faire percuter par une voiture lors d’une traversée de route, vous encouragent et tout ça, toujours avec le sourire.

Il est donc évident que l’UTTJ 2016 aura du mal à se passer de moi mais ma plus grande envie aujourd’hui n’est pas de revenir pour le finir à nouveau (comme en 2014, bien sûr). Non, la dernière phrase que j’ai dit à Sam en partant dimanche est “pour l’édition 2016, je ne serai sans doute pas là pour courir. Mais n’oublie pas de m’appeler pour que je vienne te filer un coup de main en tant que bénévole” !

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