Trail des Reculées – cuvée 2014

L’hiver est terminé, on range les skis pour se consacrer totalement au trail. Et la saison a réellement repris ce week-end pour moi à l’occasion du 10ème Trail des Reculée s à Lons-le-Saunier.

Avec mon collègue Julien, nous avons fait le choix de nous engager sur le 36km. En effet, ayant déjà parcouru le petit parcours, je souhaitais cette fois « allonger » un peu pour découvrir autrement la magnifique reculée de Baume-les-Messieurs. Et puis n’oublions pas non plus que mon objectif cette année reste la TDS alors il est important de faire des courses avec un peu de distance !

Au fait, je vous parle du Trail des Reculées mais savez-vous au juste ce qu’est une reculée ? Non ? Petite leçon de géologie :

A la formation du massif du Jura à l’ère tertiaire, des failles se sont formées à certains endroits, à la limite entre massif et plaines. Ce sont dans ces failles que les réseaux hydriques (les rivières !) ont convergés. Ces cours d’eau ont totalement érodés les roches de part et d’autres de la faille pour creuser le lit des rivières et donner ces espèces de « canyons » que l’on retrouve aujourd’hui dans ces régions. Les plus connues sont celles d’Arbois et de Baume-les-Messieurs mais d’autres sont aussi impressionnantes comme à la Frasnée (près de Clairvaux-les-lacs que nous découvrirons dans quelques semaines…).

formation-des-reculees

Voilà, maintenant que vous savez tout, place à la course !

Je n’ai prévu aucune préparation particulière pour cette épreuve mais il est vrai que comme annoncé il y a quelques temps (lire ici), j’ai mis un peu de sérieux dans mes entrainements et ce trail sera un bon moyen de jauger le travail accompli. Également, cette course va me servir un peu d’observatoire car il va falloir que je teste un certain nombre de choses avant ma TDS de fin Août. J’ai donc décidé de prendre mes bâtons, mon sac, et de tester le pack Marathon Overstim’s obtenu grâce à la Runnosphère (test à venir bientôt). Aussi, il faudra tester des allures de course un peu différente de ce que j’ai l’habitude de faire et travailler la « gestion ».

Julien, Marion et moi avant le départ

Dimanche 6 avril, 7h45, Julien arrive à la maison avec son Jumpy. Nous partons donc pour Lons-le-Saunier, nous avons un peu moins d’une heure de route. La météo semble assez complaisante, nous apercevons même le soleil derrière la grisaille matinale. Les températures sont encore fraîches et une fois garé à Lons, la question de l’habillement se pose à nous. Allons déjà chercher nos dossards, nous verrons ensuite. Sur le chemin, évidemment, nous croisons de nombreuses têtes connues : des gens des Lacets du Lizon, des coureurs du Team Trail Jura, le stand Gavand Sport et tous les trailers que nous croisons sur chacune des courses du coin. Nous retournons à la voiture pour nous changer. Autour de nous, beaucoup de « bras nus », apparemment, beaucoup misent sur de la chaleur. Je décide de partir en t-shirt, je prends juste mon coupe-vent pour l’attente avant le départ mais rapidement, je le mettrai dans le sac car effectivement, les températures montent doucement.

depart 2

9h25, tout le monde se place sur la ligne de départ dans la rue des arcades dans le centre-ville de Lons. Les départs des 19 et 36km sont communs, ça fait pas mal de monde. Surtout, nous savons qu’à la sortie de la ville, il y a un passage étroit sous un tunnel, nous craignons les embouteillages. Le départ est donné et nous décidons de partir sur un rythme tranquille. 

Malgré tout, nous sommes déjà à 12 km/h mais ça nous semble lent, on se fait pas mal doubler. Mais nous restons sérieux et tâchons de ne pas accélérer. Nous arpentons quelques rues en ville puis traversons le parc derrière les thermes, ancien lieu de départ et d’arrivée de la course. Nous traversons ensuite les fameux tunnels et finalement, ça ne bouche pas, ça passe bien. C’est ensuite la 1ère difficulté, la montée vers Montaigu. Le parcours alterne entre zones pavillonnaires et petits sentiers, c’est très agréable et cette montée se passe bien. Nous traversons le pont au-dessus de la nationale pour emprunter le chemin de Vatagna en descente. Je prends un peu d’avance et attend Julien en bas. Nous arrivons à Conliège pour le 1er ravitaillement.

Jusque-là, tout se passe pour le mieux, nous avons parcouru près de 7km en 45 minutes. Nous passons le ravitaillement sans nous arrêter. C’est ensuite une montée qui nous attend par un chouette sentier qui nous mène au tunnel des Cents Marches. Alors là, j’avoue, je n’ai pas compté les marches et pour cause : nous nous engouffrons dans un tunnel des plus obscurs, pas la moindre lumière !

 Tunnel des cent marches

Si nous apercevons les premières marches à la lueur du jour, impossible de distinguer les suivantes. L’objectif est donc d’atteindre la sortie sans tomber ! Une fois le jour retrouvé, la montée continue quelques instants et c’est ensuite un chemin assez plat, sur le haut du plateau, au-dessus de l’ancienne voie du tram’ qui nous conduit au belvédère de la Guillotine. Déjà là, nous avons droit à des vues imprenables ! Nous poursuivons la route sur le haut du plateau avec un peu de route pour atteindre le 2ème ravitaillement. Nous en sommes à 11km et 1h15 de course et tout va pour le mieux.

Après un petit arrêt, nous repartons pour atteindre le belvédère des Tilleuls au-dessus de Conliège avant d’emprunter le sentier des Chamois tout en devers sur un profil plutôt descendant. Et BIM ! C’est la chute ! Mon pied heurte une racine et je me retrouve à plat ventre avec 2 genoux et la paume de la main droite écorchés. Rien de bien grave, je me relève et repart. J’ai pris un peu de retard sur Julien alors je le suis « à vue », quelques places derrière lui. Et puis c’est la séparation entre le 19 et le 36km, enfin seuls (ou presque) !

reculee-baume-les-messieurs

Nous revoilà sur un plateau relativement plat et sur un rythme correct de 11 km/h et qui nous permettra de rejoindre le belvédère des Roches de Baume. Là, spectacle grandiose : une vue imprenable sur tout la reculée, c’est vraiment beau. Et ce petit moment d’inattention me vaudra … une seconde chute ! Je retombe sur la main et la plaie s’ouvre à nouveau. 

Mais une fois de plus, ça ne m’empêchera pas de repartir en râlant… Et puis c’est la grande descente au fond du cirque (le bout de la reculée) par un sentier très pentu avec de belles grosses marches ! Julien est devant mais je le rattrape et nous atteignons le fond de la reculée après 18km et 2h02 de course.

Le programme à présent, c’est d’atteindre Baume les Messieurs par un sentier qui emprunte le fond de la reculée. Celui-ci nous fait alors découvrir la splendide cascade des Tufs. Je l’avais vu en photo mais en vrai, c’est aussi joli. Nous passons ensuite devant les grottes et suivons le cours d’eau du Dard. Nous arrivons à Baume et le tracé de la course nous fait faire une petite visite guidée du village avec la traversée de l’abbaye. Là encore, ce doit être l’un des plus beaux sites du Jura, le village est pittoresque et en plus, nous avons droit à des animations. Nouveau ravitaillement au centre-bourg au 21ème km après 2h21 de course.

 Cascade-de-Tufs-Baume-les-messieurs-Jura1

L_abbaye_de_Baume-les-Messieurs

Ravitaillement à  l’abbaye de Baume-les-Messieurs

C’est reparti mais cette fois pour l’une des grosses difficultés de la course : depuis le village, nous devons remonter sur la falaise par les “échelles” près de 200m plus haut ! C’est là que nous nous rendons compte que notre stratégie de partir tranquillement commence à payer. En effet, l’ascension, même si elle fait un peu mal aux jambes, se passe assez bien et nous permet de doubler par mal de monde. Nous atteignons donc le sommet sur la Combe Marion sans encombre et après quelques kilomètres « au calme », nous devons maintenant redescendre vers la Peyrouse par un sentier très long et assez technique. Comme à l’accoutumée, je pars devant dans ces situations, je suis à l’aise bien que j’ai l’appréhension de chuter à nouveau. Je double 5 ou 6 coureurs et en bas, j’attends Julien qui aura été plus prudent.

Pas de répit puisque juste derrière, il nous faut affronter la 2ème grosse ascension du jour, à nouveau 200m de dénivelé sur 1.3km. Là encore, un bon rythme nous permet d’arriver en haut sans trop de problème. Côté santé, ces 2 montées ont fait apparaître des signes avant-coureurs de crampes mais qu’une relance tranquille me permettra d’éviter. Après une partie un peu vallonnée, nous atteignons un nouveau ravitaillement au-dessus de Lavagny au bout de 28km et 3h20 d’effort.

La descente qui suit pour atteindre Lavagny, je la fait prudemment. Je commence à ressentir un peu la fatigue et les jambes commencent à être lourdes. S’en suivent des chemins blancs au milieu des prés à vaches. C’est assez démoralisant car nous apercevons des coureurs plusieurs centaines de mètres devant nous. 

lavagny

En plus, le parcours devient beaucoup plus roulant alors que nous sommes incapables d’accélérer, il nous arrive même de marcher de temps en temps. Il nous reste un dernière bosse à passer avant d’arriver à Chille. Ensuite, le chemin nous conduit gentiment vers Lons où nous arrivons du côté de la piscine. Il ne reste plus que du bitume mais surtout, nous en sommes déjà à 36km et il nous reste de la route ! Nous empruntons une longue piste cyclable pour enfin atteindre la rue du Commerce et ses pavés. Là, Julien et autre coureur qui marchaient se sont mis à courir en me dépassant. Alors pris d’un sursaut d’orgueil, j’accélère pour finir devant eux et cela m’a permis d’apprécier l’arrivée « triomphale » grâce à tous les spectateurs présents sur les bords de la rue sous les arcades ! Ca y est, la ligne est franchie, nous avons parcouru 37.6 km en 4h27 !

Les résultats ne sont pas encore disponibles et j’ai envie de dire peu importe. Ce fut une très belle course, bien gérée pendant plus de 25km me permettant d’aborder les côtes plus facilement que d’habitude. Par contre, je vois qu’il me reste du travail car les 12 derniers kilomètres roulants ont été un calvaire pour mes jambes. Mon avancée se faisait de manière « mécanique », je ne contrôlais plus grand-chose. Au final, cette grande course de début de saison représente un bon test qui valide ma préparation même si elle reste à affiner.

arrivée

Pour l’après-course, sous un magnifique soleil, c’est prendre des nouvelles de tous les copains, apprendre les podiums d’Aurélien sur le 36km et Marion sur le 19km (portraits à venir sur la page des Jura’thlètes), la belle 4ème place de Lucas sur le 36km et les belles performances de tous les autres. Et pour finir, un bon poulet aux morilles/ bière avant de rentrer à la maison.

Ma prochaine échéance devrait maintenant être dans 3 semaines à l’occasion du Trail des Lacs de Clairvaux pour à nouveau 36km et 1100m de dénivelé. Une nouvelle occasion de tester et d’affiner ma préparation.

Cet article a 2 commentaires

  1. Avatar

    joli CR
    je connais un peu le coin et c’est super beau
    je note ce trail sur mes tablettes

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