Marathon du Mont Blanc 2017 : Et de 3 !

Marathon du Mont Blanc 2017 : Et de 3 !

Cela faisait 3 ans que j’attendais ce moment, pouvoir retourner à Chamonix pour le Marathon du Mont Blanc. La dernière fois que j’y suis venu, c’était en 2013 avec mon ami Riri. Cette année, c’est un week-end familial qui nous attendait car depuis, Laetitia s’est mise à courir et elle est engagée sur le 10km.

Pour ce week-end chamoniard, nous avions la chance de bénéficier d’un logement à Saint Gervais, un petit studio juste ce qu’il faut pour un couple et un enfant. Dès notre arrivée, nous avons pu admirer la superbe vue sur la vallée du bon Nant avec en toile de fond la splendide chaîne des Aravis.

Saint Gervais

Magnifques hors d’oeuvre

Après un petit tour à Chamonix pour manger et profiter de la vue sur le Mont Blanc, nous rentrons pour une bonne nuit de sommeil. Mais c’était sans compter sur la chaleur qui m’a plutôt empêcher de dormir correctement. Du coup, à 4h45, je suis réveillé et je dis à Laetitia : « Je me lève et je pars voir le lever de soleil quelque part… ». Je prends alors la voiture et je me rends à Bionnassay, à 15 minutes de route. Je me gare sur le parking du Crozet à 1420m. Je ne croise pas grand monde à cette heure-ci. Je prends les bâtons et je grimpe par le chemin assez raide qui me conduira au col de la Voza à 1650m, mon objectif du jour. C’est là que passe le tramway du Mont Blanc qui monte au nid d’Aigle. La vue commence à être sympa mais ne me satisfait pas encore. Le soleil n’ayant pas encore pointé le bout de son nez à 5h40, je décide de poursuivre ma route en direction du Prarion. Je suis toujours seul sur les chemins, c’est très agréable. J’arrive donc à 1860m à l’Hôtel-Restaurant du Prarion et là, la vue est splendide : panorama complet sur toute la chaîne du Mont Blanc, jusqu’en fond de vallée, vers le Tour et les Posettes. C’est de là-bas que la grosse boule va sortir des montagnes. Au Prarion, le gérant me voit et vient discuter, il m’offrira même un café, vraiment très sympa ! Et puis le spectacle commence, les premiers rayons apparaissent et le soleil sort de sa cachette pour venir illuminer le décor. Un moment magique !

Il est temps de redescendre pour apporter les croissants à la petite famille pour le petit-déjeuner puis direction Chamonix pour le retrait des dossards. Après quelques péripéties et engueulades (de ma faute, j’avais oublié à l’appartement une partie du matériel obligatoire), nous récupérons les sésames pour nos courses respectives à Laetitia et moi. Nous croiserons là Kat qui était sur le 80km la veille, Sylvie, Brigitte et Evelyne des Lacets du Lizon. Un petit tour sur le stand Julbo pour voir Lucie et pour équiper les yeux de ma moitié et nous partons manger. Il est 12h, c’est temps de nous diriger vers l’aire de parapente pour le départ du 10km du Mont Blanc.

Le 10km du Mont Blanc de Laetitia

La course commence part un peu d’attente car le départ est organisé en 4 vagues selon les temps annoncés à l’inscription. Laetitia partira de la dernière. La course risque de ne pas être si simple car la chaleur plombe déjà les organismes. A 13h20, c’est le moment de vérité pour madame. Elle s’élance au milieu du peloton visiblement très contente d’être là !

MMB10 - Départ

Avec Lenny, nous partons vite à la voiture pour la retrouver un peu plus loin sur le parcours. Nous nous postons aux Bois, à la sortie de Chamonix où les coureurs font une boucle, nous pourrons la voir 2 fois. C’est très agréable, nous sommes en forêt avec d’autres supporters, on crie, on rigole. Nous avons planté le drapeau Made In Jura pour qu’elle ne nous rate pas à son passage. Lenny s’amuse entre les arbres et les cailloux. Et après un petit moment d’attente, ça y est, la voilà qui passe devant nous. Elle a chaud, je lui donne une bouteille pour qu’elle se rafraîchisse. Elle semble motivée même si c’est un peu dur, ça monte et il fait chaud.

MMB10 - Aller
Très vite, nous nous replaçons avec Lenny vers la descente et nous continuons à encourager les coureurs jusqu’au passage de Maman. Les traits commencent à être un peu tirés mais elle a la volonté. En plus, il ne reste plus grand-chose et c’est plutôt en descente alors ça va aller. Rapidement, nous retrouvons la voiture pour aller à l’arrivée. Malheureusement, avec la circulation et quelques soucis de stationnement, nous raterons de très peu le passage sous l’arche mais elle l’a bien franchi, en 1h36’45’’. Elle a eu sa médaille et elle peut en être fière. Je la félicite et elle versera sa petite larme de joie.

MMB10 - Finish 1   MMB10 - Finish 2

Maintenant direction la douche on nous croiserons des voisins et puis il nous reste à profiter de l’après-midi à Chamonix. Nous retrouvons Aurore et Baptiste. Aurore retrouvait le 23km mais malheureusement, entre blessure et manque de préparation, elle se fera rattraper par la barrière horaire à Flégère. Nous allons donc la consoler avec une bonne glace ! Et puis le soir, c’est repas à la pizzéria avec les copains des Lacets du Lizon : Sylvie, Kat, Brig, Evelyne et Philippe. Puis retour au bercail car demain, c’est ma course !

Pizza Lacets du Lizon

Mon 3° Marathon du Mont Blanc

Je connais bien le parcours pour l’avoir emprunté déjà 2 fois sur la distance et en partie 1 fois sur le Cross, il n’y a donc pas de surprise au rendez-vous de ce côté. C’est plutôt la météo que je crains car des orages sont annoncés dans la nuit, il se pourrait qu’il pleuve ce dimanche matin. Au réveil à 5h15, cette fois, la nuit fut bonne. Il a effectivement plu dans la nuit, ce qui a rafraîchi l’atmosphère et ce n’est pas un mal. A Chamonix, le temps est brumeux et frais. L’aire de départ se réveille doucement. Je retrouve les filles à la dépose des sacs de change, tout comme Seb (Babasse) et puis nous allons nous placer sur la ligne de départ. Cette année, c’est aussi le retour de Killian Jornet après ses péripéties sur le toit du monde, il est évidemment favori.

MMB42 - Départ

C’est l’heure, 7h, le départ est donné. Je suis le mouvement tout en faisant attention de ne pas aller trop vite. Après quelques hectomètres, Mathieu et Nico du Team Trail Jura sont là pour m’encourager, ça fait plaisir ! Le début de course se passe tranquillement, on suit le flot de coureurs dans les rues de Chamonix puis sur l’aire de parapente et dans les bois. Je croise Paul Fontaine que je salue en passant. La température est fraîche mais idéale pour courir. Puis on arrive à Argentière. De loin, je vois Kat sur le bord de la route alors je fonce sur elle et m’arrête lui faire un bisou au passage ! J’ai repéré quelques coureurs qui semblent être sur un rythme semblable au mien alors on se suit. Je suis concentré sur ma course et je suis attentif à tous les petits besoins que mon corps pourrait me faire ressentir : la soif, les petites douleurs qui pourraient m’embêter… Et puis c’est le premier point d’eau après 9km et 1h de course. C’est peut-être un peu rapide mais tout se passe bien. Un peu plus loin, juste avant la première « vraie » côte, j’aperçois David alors je m’arrête quelques secondes pour discuter. La montée derrière s’enchaine bien, il fait frais en haut avant le passage à Tré-le-Champ où je retrouve Kat mais aussi Richard, son épouse ainsi que Cyrielle et son père qui attendent le passage d’Evelyne et Brigitte. Puis c’est l’arriver au col des Montets où la pluie fait son apparition. Je félicite les courageux supporters en passant qui sont là malgré les conditions météo ! Puis en basculant vers Vallorcine, l’averse s’arrête avant d’arriver au ravitaillement. Nous en sommes à presque 18km et 620m D+, je passe en 2h soit toujours une moyenne de 9 km/h.

MMB42 - Tre le champ

A partir de là, je sais que le rythme va vite se dégrader car c’est la première grosse difficulté du jour, nous devons grimper jusqu’au col des Posettes puis sur l’Aiguillette des Posettes. Nous devons affronter 800m de D+ en 5km. J’ai décidé de partir sans bâtons et là, je me dis qu’ils auraient été bien utiles car si au début, j’arrive à suivre assez facilement, ça devient dur sur le haut et je laisse passer pas mal de coureurs. Pour autant, je ne m’arrête pas, le moral reste bon mais si l’ascension semble bien longue… Au col, nouveau point d’eau où je retrouve Cyrille qui semble bien en forme. Stratégiquement, sachant que bientôt il faudra redescendre, j’en profite pour enlever les petits cailloux qui se sont incrustés dans les chaussures et pour bien resserrer les lacets de manière à ne pas avoir de souci par la suite. La fin de montée vers l’Aiguillette devient dure, les jambes sont un peu lourdes mais je m’accroche, je sais que ce n’est plus bien long. Au sommet, alors que sur mes précédentes éditions j’en profitais pour immortaliser la vue, cette fois, c’est un mur blanc qui se dresse devant nous. Pas de pause donc, je repars aussitôt.

Cette fois, c’est la descente, d’abord dans les sentiers plein de caillasses où je double beaucoup, puis dans les singles en lacets où là, dépasser est plus délicat. De plus, même si j’avance plutôt bien, je sens une légère appréhension à la descente. Habituellement, je tourne fort mais là, j’ai un peu de retenue. Serait-ce l’âge qui me rend un peu de raison ??? En tout cas, j’arrive en bas au Tour où à nouveau Kat est là. Il nous faut ensuite retourner à Tré-le-Champ, ce que je fais une sur allure correcte, sans forcer, le profil étant plutôt descendant. Là, nouveau ravitaillement et j’y retrouve encore une fois Cyrille. Côte performance, nous avons parcouru 31km avec 1587m D+, le tout en 4h36. En somme, il nous reste 12km et 1200m D+ pour atteindre l’arrivée. Après de rapides calculs, je me prends donc à rêver à un possible finish sous les 7h de course, ce que je visais au départ. C’est d’ailleurs ce que je dis à Aurore et Baptiste qui sont là pour nous encourager.

MMB42 - Tre le champ 2

C’est donc juste après la traversée de route sur la passerelle que j’enchaîne la montée vers le Béchar, bien motivé et au pas de course! Mais rapidement, je vais vite déchanter… D’un coup, je ne sais pas expliquer pourquoi, je ressens comme un gros coup de barre, les jambes semblent lourdes. Alors rapidement, l’allure diminue, j’ai vraiment l’impression de me traîner et même de gêner ceux de derrière. Régulièrement, je me fais dépasser. Aussi, j’ai un besoin de m’arrêter plusieurs fois, quelques secondes, pour boire, relâcher les jambes. Je suis bien conscient que ces pauses ne servent finalement à rien car à peine reparti, la pénibilité reprend, mais c’est comme ça. Quand je peux, je pose donc mes fesses sur un cailloux, un banc et j’avale quelques gorgées d’eau puis je repars, m’étant fait doubler chaque fois par 4 ou 5 personnes. Une fois en haut, j’amorce la petite descente qui suit et qui sera la dernière de la course. Sur ce type de terrain, les sensations reviennent provisoirement, jusqu’à la prochaine montée. Je reprends bien quelques places mais à ce stade, le classement m’importe peu. Ce que je sais surtout, c’est que je perd beaucoup de temps et que l’objectif des 7 heures s’envole. Et puis ça remonte vers la Flégère, dans les mêmes conditions qu’auparavant. Seule la dernière côte sur les pistes de ski et la vue sur le lieu du ravito me redonne un peu d’énergie. J’atteints la Flégère après 37km et 2310m D+ en 6h35. Il me reste donc 25′ pour parcourir les 6km restant pour finir en moins de 7h. Si ces derniers kilomètres étaient les premiers et qu’ils étaient plats, ce serait presque possible. Mais là, il reste quelques bosses et la fatigue à déjà fait son effet. C’est sûr, je n’y arriverai pas.

Cette petite déception acquise, je ne reste pas trop longtemps malgré cela au ravitaillement, j’ai envie d’en finir. Bien que sur les 3 prochains kilomètres, le profil est plutôt descendant, j’ai du mal à embrayer. Le rythme reste faible même si j’arrive à courir de temps en temps. Et puis sur la fin, ça remonte. J’ai vraiment envie d’en finir maintenant alors je m’efforce de garder une intensité suffisante pour ne plus perdre de temps. Plus ça va, plus il y a de monde, ça sent l’écurie!! On nous annonce la distance restante et comme d’habitude, ça varie beaucoup d’un spectacteur à l’autre : “Plus que 2km“, Plus que 3km“, “la montée est presque finie et ça redescend vers l’arrivée” … J’évite d’écouter ces commentaires, même si l’intention est bonne, ça donne parfois plus de doutes que de certitudes! Mais enfin, je vois le haut de la côte. Je m’arrête alors et demande à une dame de sortir le drapeau jaune et rouge de mon sac. Evidemment, j’avais emporté le “Made In Jura” dans mes bagages! Et coup de chance, au sommet, Philippe est là pour immortaliser le moment!

MMB42 - Planpraz

Cette fois ça y est, plus que quelques hectomètres, je suis reboosté et je cours à nouveau au dessus des 10km/h, ce qui n’était pas arrivé depuis bien longtemps! Je porte haut le drapeau au-dessus de mes épaules, les acclamations des spectateurs ne sont pas sans faire monter une certaine émotion et derrière les lunettes de soleil, je sens que les yeux se mouillent un peu. Je vois l’arche et j’entends l’ami Ludo Collet qui m’accueille d’une poignée de main. C’est fait, je suis venu à bout de mon 3° Marathon du Mont Blanc. Pour le chrono, on oublie, il m’a fallu 7h40 pour parcourir les 43.5km et 2720m D+. Alors évidemment, ce n’est pas mon meilleur temps mais j’ai pourtant l’impression d’avoir été plus rapide mais il y a aussi que cette édition 2017 comptait 2km et 300m D+ supplémentaires par rapport à 2013 ! Peu importe, j’ai ma médaille et ma bière, c’est le plus important!

MMB42 - Finish   MMB42 - Medaille

Je traîne un peu vers l’aire d’arrivée pour peut-être voir quelques amis arriver. Bien m’en a pris puisque le Babasse finira en 7h59. Je redescends sur Chamonix avec lui car les filles sont encore 40′ derrière mais moi, je dois retrouver la petite famille pour rentrer à la maison. Une fois de plus, je suis content d’avoir parcouru ce Marathon, ma première grande épreuve de traileur en 2010, c’est une course un peu spéciale pour moi. Et puis Chamonix, encore une fois, nous a accueilli dans les meilleures conditions pour un magnifique week-end. Entre notre appartement à St Gervais, le lever du soleil sur la chaîne du Mont Blanc, le 10km de Laetitia, ma course, les moments passés avec les amis… Ce fut une vraie réussite! Et puis, nous sommes maintenant une famille de finishers sur les courses du Mont Blanc !

MMB - Finishers

 

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