Ultra Pas du Diable : Quand je serai grand, je serai finisher!

Ultra Pas du Diable : Quand je serai grand, je serai finisher!

Au départ, j’avais prévu de parcourir les 120km de l’Ultra Pas du Diable, mais ça, c’était avant ! C’était notre week-end “club” des Lacets du Lizon et nous avions jeté notre dévolu sur le Trail du Roc de la Lune, entre Causse et Cévennes à St Jean du Bruel : 5 formats de course pour 26 coureurs. Tout était réuni pour passer un super week-end. Ce fut le cas mais avec un petit pincement tout de même…

Comme tous les ans, en fin de saison, nous étions à la recherche d’une épreuve où chacun d’entre nous puisse se faire plaisir : du débutant au plus aguerri, du plus lent au plus rapide, du plus court au plus long. C’est donc au Roc de la Lune que nous avons choisi d’aller. Une découverte pour moi qui ne connais pas les paysages des Cévennes et des Causses. Ce sera aussi l’occasion de repérer un peu le type de terrain qui m’attendra aux Templiers en fin d’année. J’avais aussi rencontré les organisateurs lors du salon de la Saintélyon, ils m’avaient semblé bien sympas. J’avais donc décidé de me lancer sur la plus longue course, l’Ultra Pas du Diable et ses 120km et 6500m de dénivelé positif. L’objectif premier était de récupérer des points pour un éventuel UTMB à Chamonix en 2018.

Nous voilà donc partis de notre Jura vendredi matin. Nous avons de la route, d’autant que le convoi de 4 ou 5 voitures décide de passer par les petites routes du Puy-en-Velay où nous retrouvons d’autres accolytes en chemin. La météo n’est pas tellement avec nous, nous traversons les gouttes et le vent. La pause déjeuner se fait donc dans un bar de Mende, le café de Paix dont les murs sont recouverts d’une fresque, de photos et de trophées  à l’image de la course du route Marvejol-Mende. Nous sommes bien tombés! Puis nous poursuivons notre parcours après une petite balade digestive en centre-ville, la traversée du Viaduc de Millau et l’arrivée dan notre gîte pour une trentaine de personnes après avoir récupéré les dossards! Je n’ai pas beaucoup de temps devant car mon réveil est programmé pour sonner à 2h30, le départ de ma course étant à 4h.

Je me réveille donc seul au milieu de la nuit, petit café et hop, en voiture direction Saint Jean du Bruel. Il ne pleut pas mais le vent souffle, il fait froid! Ludo Collet et le speaker local réchauffe un peu l’ambiance sur la ligne de départ en nous jouant une petite impro sur le thème de l’ange et du diable, c’est de circonstance! A ce moment précis, je suis prêt à en découdre, motivé bien que rafraîchi. Mais aussi, c’est le premier couac : le loquet de blocage d’un de mes bâtons ne fonctionne plus, je me retrouve avec 10cm d’écart entre mes 2 perches… je devrais faire avec malheureusement. J’essaie de ne pas y penser, je me remémore plutôt le profil et mes prévisions horaires de passage aux différents ravitaillements.

Les fauves sont lâchés, c’est parti pour 120km et plus de 25 heures de course (dans mon cas, selon mes estimations). Nous serpentons quelques centaines de mètres dans les rues sinueuses de St Jean et puis la pente s’élève déjà. Au début, c’est facile, je cours et je double dans l’objectif de pouvoir trouver une place où personne ne me gênera dans la côte. Puis nous arrivons sur les premiers sentiers où la pente est un peu plus forte et je marche donc. Ceux de devant avancent sur un bon rythme, je suis plutôt en début de peloton, tout va bien même si déjà, je commence à me battre avec mes bâtons à hauteur variable! On n’y voit pas grand chose mais on peut sentir que les organisateurs ne se sont pas trop compliqué la vie, on dirai qu’ils ont grimpé tout droit dans la pente ! Beaucoup de terre, un peu de caillasses à enjamber, des branches, … et on arrive au sommet après 3k met 400m D+ pour entamer la première descente. Là, c’est simple, le profil est l’inverse de la montée : 400m D- en 2.5km. On slalome entre les arbres sur une sentier très sinueux. C’est technique, tout ce que j’aime, je me fais plaisir!

En bas, nous traversons un petit hameau et là, en jetant un coup d’œil à la montre, je me rends compte qu’elle n’est pas en route. J’ai du appuyer sur un bouton par inadvertance. Nous sommes partis depuis 50 minutes et je ne sais pas du tout où nous en sommes! Ces petits problèmes sont-ils annonciateurs de la suite? N’ayant pas de repère, je continue, je verrai au prochain ravitaillement. On s’engage alors dans une nouvelle côte. Je décide tout de suite de me préserver en laissant partir ceux de devant et prendre un petit rythme régulier qui m’emmènera en haut. Rapidement, je me retrouve seul. Le sentier dans la forêt devient moins raide,c’est plutôt un faux-plat montant qui me permet de courir. Là encore, c’est un plaisir de courir dans la nuit, seul, sur un sentier en bord de d’un trou qui me fait penser aux reculées de chez nous. Ce sont les Causses. J’atteins un plateau d’où je vois le groupe de coureurs qui me précède et que je rattraperai au premier peau d’eau. Je me fais confirmer que nous avons parcouru 9km, il m’en manque donc au moins 6 à la montre.

Les kilomètres qui suivent sont un enchaînement d’une descente au fond de vallée où nous longeons un ruisseau avec la remontée sur le plateau d’en face. Une fois en haut, le jour pointe le bout de son nez. Ce n’est pas trop tôt car il fait vraiment froid. La traversée du plateau se fait au pas de course avec quelques arrêts photos au passage et pour lire le texto d’encouragements que ma petite femme m’a envoyé. Puis c’est la redescente dans la vallée voisine. Une belle descente qui se passe au mieux et où je double pas mal. J’arrive à Trèves pour le 1er ravito solide où on me pointe (manuellement) à la 136° place sur plus de 350 partants. Je sais qu’en j’en suis donc à 19km (et 1000m D+). Comme la montre ne m’est plus vraiment utile, je me fie donc à ces infos et à l’heure de l’horloge du téléphone : il est 6h55 et j’avais prévu d’y arriver vers 7h30. A ma surprise, je suis bien en avance sur mon temps, pourtant je n’ai pas l’impression d’aller bien vite. C’est rassurant car ça me fait de la marge supplémentaire, je pourrais prendre mon temps par la suite. Je vide les cailloux des chaussures, tente en vain de réparer le bâton et me restaure quelques minutes avant de repartir.

Derrière, ça remonte alors je pars en marchant quelques tucs à la main pour finir mon repas. La pente est un peu raide, je reprends mon allure “doucement mais sûrement”, ça fonctionne. Je n’ai pas de souci pour les relances, ça passe plutôt bien. Bref, c’est parfois dur mais le moral et la mécanique fonctionnent. Puis nous arrivons à l’entrée de la grotte de St Firmin, un passage dans la montagne avec de gros rochers à escalader à l’échelle et à la corde. Evidemment, c’est à la queuleuleu car c’est un peu glissant. Il faut aussi rallumer la frontale. C’est sympa et ludique malgré le petit bouchon que ça occasionne.

Je n’ai plus trop de souvenirs du parcours ensuite, se sais juste que nous sommes montés, puis descendus, encore et encore… Toujours bancal sur mes bâtons, toujours sans repère ni horaire, ni kilométrique car j’ai mis la plus faible détection GPS sur la montre pour favoriser l’autonomie, ce qui engendre des imprécisions de plus en plus grandes… Je me rappelle d’une succession de chemins en balcons qui longent les vallées, un coup plutôt descendant, un coup plutôt montant. Je me rappelle que sur un de ces chemins, je me suis extasié sur la vue d’un petit village perdu, Comeiras. Puis d’une longue descente dans une autre vallée pour rejoindre le Roquet, tout au fond au bord du ruisseau le Trévezel où nous attend le point d’eau suivant. Je sais alors que nous avons parcouru un peu plus de 30km (1800m D+) et il est 9h15. Bon, là, il se trouve que j’ai maintenant 1h15 d’avance sur mon plan!!! Je ne comprends pas : je me fais doubler en côte, je ne force pas dans les descentes, je tente de me préserver au mieux et j’ai vraiment beaucoup d’avance. J’en conclut que j’ai dû mal estimé les côtes et les temps de passage. Tant mieux, j’avais prévu large par rapport aux barrières horaires et je vais passer tranquillement !

Ce point d’eau est assez folklorique : des coureurs, des packs d’eau plate et gazeuse posés au sol, une poubelle… je n’ai pas vu un seul bénévole! Bref, je repars avec 2 gars en trottinant et en discutant un peu. Nous sommes stoppés quelques hectomètres plus loin sur un chemin en contrebas d’une route. Je ne comprends alors pas trop ce qui se passe jusqu’à ce que je m’aperçoive que les coureurs doivent passer un à une sur un petit escalier en bois pour pénétrer dans une buse d’eau pluviale !!! Un trou de 2m de long et d’1m de diamètre. Evidemment, on ne passe pas à 2 et il faut ramper. D’ailleurs, je m’y écorcherais le genou sur le béton. Si ça paraît ludique et drôle sur le coup, je pense qu’un petit détour de 50m pour traverser la route n’aurait pas été superflu…

Puis le chemin repars en montant avant de longer à nouveau les cours d’eau sur des chemins en balcons sur plusieurs kilomètres. Nous atteignons ensuite l’abîme de Bramabiou, une nouvelle grotte aménagée dans une faille d’où s’échappe une cascade. La grotte est ouverte aux visites mais heureusement, pas besoin de ticket pour nous! Nous ressortons de l’autre côté pour traverser une cours d’eau de la Perte du Bonheur avant de redescendre sur Camprieu où nous attend le second ravitaillement solide.

 

A l’entrée du gymnase, je croise Stéphanie des Baskets aux pieds. Nous nous étions vu la veille aux dossards. Ça fait du bien de voir un visage connu. Elle attend son mari et nous discutons un peu en attendant. Nous en sommes à 42km et 2300m D+. Il est 11h15 alors que je prévoyais arriver là 2h plus tard !! Mon avance s’accentue vraiment et du coup, j’ai de sérieux doutes sur ma planification car je n’ai pas vraiment l’impression d’avoir forcé. C’est donc encore une bonne nouvelle. J’en profite pour prendre mon temps, remplir les gourdes, manger une bonne soupe. Mais les premiers doutes s’installent : la dite soupe est un peu difficile à ingurgiter. Mais les raisins secs et les tucs qui suivent passent bien, je suis un peu rassuré. Je n’ai pas de douleur, juste mal aux épaules et au cou à cause du sac à dos. J’ai rangé la frontale pour de bon, je troque mon bonnet pour une visière, j’enlève les gants. Christophe, le mari de Stéphanie arrive un petit 1/4 d’heure derrière moi. 

Je pars donc pour la suite de l’aventure confiant dans mon allure surtout que la suite est plutôt en descente, ce n’est pas là que je vais perdre du temps. Je trottine tranquillement, je double en descente, je passe bien les petites bosses qui se présentent et je relance derrière. Nous traversons les hameaux de Ribauriès et Les Monts et c’est à partir de là que les choses deviennent sérieuses : je suis en face d’une côte de 400m D+ sur 3km, toujours avec un bâton plus court que l’autre… La montée est très longue, nous sommes sur un sentier plein de gros cailloux et de bois morts sur un tapis de feuilles. C’est assez interminable en fait. Je monte malgré tout sur une allure bien réduite. En haut, c’est un petit chemin plat en forêt avent de basculer sur un sentie de crête, nous sommes au Mont Mal à 1280m d’altitude. Le panorama est sympa, nous voyons Dourbies, la prochaine étape en fond de vallée. Par contre, nous ne sommes plus du tout à l’abri du vent qui souffle fort. J’avais bien prévu de ranger le coupe vent dans le sac mais finalement, je le supporte bien.

Et puis bien que nous puissions voir le ravitaillement suivant, le sentier part complètement à l’opposé. En fait, nous allons faire un gros détour avant s’y parvenir! Nous contournons complètement le sommet voisin du Mont Mal avant de redescendre. Un peu plus bas nous avons à traverser la route entre Dourbies et Saint Jean et à nouveau, les organisateurs se sont amusés à nous faire passer dans une buse sous la route. A ce moment de la course, je ne trouve plus ça très drôle en fait… Le sentier descend tout au fond de la vallée jusqu’à la Dourbies, rivière du même nom que le village. Pour traverser le cours d’eau, nous devons enjamber d’énormes rochers avant de franchir un pont de béton. En face, ça remonte raide dans les roches avant d’emprunter un nouveau chemin en balcon, plutôt descendant. Là, je n’ai plus envie de courir. Dans la descente précédente, j’ai senti que l’estomac n’était pas à son mieux, ballotté de toutes parts. Finalement, je comprends que la petite difficulté à avaler la soupe à Camprieu annonçait les problèmes à venir. A ce moment, il n’y a que la marche qui ne me pose pas de problème.

Christophe me double alors, il semble plutôt bien. Au même moment, un autre coureur, apparemment du coin, m’annonce qu’il n’y plus qu’environ 1.2km avant le ravitaillement. Je me dis que ça va bien aller comme ça. Sauf qu’un peu plus tard, un spectateur m’en annonce 2 de plus! Là, en plus du ventre, la tête commence à basculer aussi du mauvais côté. Enfin, nous devons passer à nouveau la Dourbies. Au autre spectateur m’annonce le ravito dans 500m en haut de la côte. Une fois en haut, un  autre rajoute 500m à la fête!!! Trop c’est trop!

Message pour les gentils spectateurs qui pensent nous aider en annonçant des distances : S’il vous plaît, si vous n’êtes pas sûrs, ne dites rien, contentez vous d’un “Allez, bientôt le ravito, bravo”, ça nous fait déjà bien plaisir, pas la peine d’en rajouter. Si vraiment vous voulez nous dire où nous en sommes, prouvez-le avec une carte IGN !!!

Bref, le ravito est ENFIN là après 60km et 3000m D+ ! Il est 15h30. Cette fois, je n’ai plus qu’1h d’avance sur le programme, j’ai donc commencé à reperdre du temps. Christophe et Stéphanie sont là et elle me dit qu’il pense abandonner, trop mal aux jambes avec de grosses ampoules. J’avoue aussi me poser des questions. Avant de prendre une décision, je veux d’abord essayer de me restaurer. Je retente la soupe étant à peu près sûr que le solide aura du mal à passer. Je n’arrive pas à la finir. C’est donc assez clair, j’ai couru 11h30, j’en suis à la moitié du parcours et je ne peux déjà plus m’alimenter correctement. C’est assez certain que je finisse par renvoyer le peu que j’ai pu avaler dans les kilomètres à venir et que le reste de la course pourrait bien se transformer en calvaire. Je décide donc aussi de m’arrêter là avant de me rendre malade, c’est la fin de ma course, je rends ma puce.

A ce ravitaillement, j’ai aussi le plaisir de croiser Stéphanie (une autre) et Gilles, 2 voisins de Haute-Saône habitués de l’UTTJ, déjà rencontrés sur les Reculées il y a 3 semaines. J’apprendrai plus tard qu’elle a fini la course mais pas lui. Il est arrivé après, déjà mal en point, il est reparti avec elle mais a vite fait demi-tour après avoir vomi. Quelques part, si je suis déçu pour lui, ça me conforte dans la décision d’abandonner. J’aurai fini comme lui.

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Avec Stéphanie (Basket aux pieds) et Christophe, nous rentrons donc à St Jean où je retrouve Laetitia qui a fini son 8km en 1h15 (bravo!). Evidemment, tout le monde est surpris de me voir ici alors je leur explique.

Du coup, le reste de mon week-end se passe avec ma femme et mes amis des Lacets du Lizon. Je peux alors faire les arrivées de Jean-Luc, Anne, Syvlie sur le 60km, de profiter de ma soirée avec tout le monde, de passer une bonne nuit, d’aller suivre sur le parcours ceux partis sur les 30 et 15km dans des conditions assez dantesques avec vent, pluie, boue… D’ailleurs, les courses ont été arrêtées en fin de parcours pour cause de vigilance orange. J’ai aussi croisé Carole et Emir, les lapins runners, eux aussi partis sur le 120km. Ils ne leur restent que 15km à parcourir lorsqu’il décident aussi d’arrêter après s’être fait très peur dans les descente ultra boueuses rendues dangereuses. Ils sont transi de froid. Encore ne fois, je suis content de ne pas en être arrivé dans cet état, surtout qu’abandonner à cet instant du parcours, c’est encore plus rageant…

Alors effectivement, il y a la déception de ne pas être arrivé au bout. Effectivement, je n’ai pas obtenu mes points qualificatifs de l’UTMB que peut-être je n’irai jamais faire. Mais au final, cette nouvelle expérience m’apporte plus de bien que de mal. A court terme, j’ai pu me remettre en phase d’un point de vue horaires avec le reste du groupe et profiter avec eux du week-end. C’est vrai qu’en m’engageant seul sur cet ultra, j’étais en parfait décalage et je ne les aurai pas beaucoup vu. Du coup, ça me fait dire que plus jamais je pars seul sur une course lors d’un week-end en groupe.

Je suis encore un “bébé de l’ultra“. Je n’ai que 3 expériences et seule 1 est arrivée à son terme. J’ai donc encore beaucoup à apprendre sur la gestion de course et plus particulièrement sur l’alimentation. Je sais, je l’ai déjà dit mais ça n’est pas encore réglé. Je dois donc trouver la bonne méthode, les bons ingrédients pour me permettre d’atteindre sereinement mes objectifs. Pour ça, je pense que je vais vraiment limiter les distances, à 70-80km, pour tester des choses, valider des acquis. Je crois aussi que j’arriverai à prendre plus de plaisir à finir correctement ces distances en bon état moral, physique et physiologique plutôt que de tenter des exploits avec de grandes part d’inconnus. Je m’en sentais capable, d’ailleurs, je sais que je le suis mais pas comme ça. Mon succès à la TDS l’an dernier est à mon avis une victoire mentale : j’avais une revanche à prendre sur ma tentative ratée de 2014, c’est ça qui m’a fait tenir car j’ai eu les mêmes problèmes gastriques. Ça n’est pas comme cela que j’envisage les choses alors je vais continuer d’apprendre et je reviendrai sur du très long le moment venu. Comme me l’a dit une collègues des Lacets : “Tu n’as peut-être pas l’âge pour ça” et finalement, elle a sans doute raison!

Alors l’apprentissage continue cette année. Dans un mois, c’est la course mystère de 55km de la Transju’Trail, puis ce sera au tour du Marathon du Mont Blanc à Chamonix fin juin (42km).

 QUAND JE SERAI GRAND, JE SERAI FINISHER !!!

PS : il faut aussi que je rachète des bâtons de la même taille…

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