Trail du Haut Koenigsbourg

Trail du Haut Koenigsbourg

Alors que tous les yeux étaient tournés vers le grand rendez-vous de l’Ultra à Chamonix (l’UTMB), nous avions choisi cette année une alternative alsacienne avec au programme des singes, un château et le Trail du Haut Koenigsbourg.

Ce coin là de France, je le connais bien, j’ai passé 2 ans de ma vie en Alsace à naviguer en Strasbourg et Colmar. Autant vous qu’étant maintenant “trailer”, l’envie devenait de plus en plus grande de retourner sur ces terres pour le Trail du Haut Koenigsbourg. Pour ceux qui découvriraient, c’est au niveau de Sélestat, niché au-dessus du village de Kintzheim, que trône un magnifique château du moyen âge au style bien germanique qui se repère de loin avec des couleurs rosâtres. Voilà maintenant quelques années qu’un trail propose de nous faire découvrir les environs en passant par le château lui-même avec des distances entre 15 et 108km! Revenir ici me rappelle d’ailleurs ma toute première course à dossard, c’était en 2000 sur la montée du HK, 8km de côte sur le bitume.

Cette année est enfin la bonne pour retourner en Alsace, avec l’aide de , une amie participante de l’UTTJ, qui m’a décidé à m’inscrire. J’ai choisi le Grand Trail du HK et ses 54km pour un peu moins de 2000m de dénivelé positif.

D’abord les visites

Nous partons donc avec femme et enfant de notre Jura le samedi matin (juste après avoir fait le point Livetrail sur les positions des 1ers de l’UTMB), sous la pluie, pour prendre la route. 3h30 plus tard, nous voilà du côté de Colmar pour manger et un peu plus tard, nous prenons nos quartiers dans notre maison d’hôtes à Orschwiller. Une jolie petite maison moderne, très bien agencée et confortable avec un couple très accueillant (si cela vous intéresse, je pourrais vous donner l’adresse). Il y a bien sur place une piscine mais vu la météo humide, nous ne pourrons pas en profiter.

Cette première journée alsacienne sera consacrée à la découverte (ou re-découverte) et malgré le temps, nous filons vers la Montagne des Singes. Ça ne paye pas de mine, il s’agit un grand enclos qui abrite des macaques de barbarie. Vous vous promenez dans le parc avec une poignée de pop-corn dans la main et vous donnez à manger aux singes qui viennent piocher dans vote main. C’est surtout ludique et Lenny a bien aimé! Vu que c’est tout en extérieur et qu’il pleuvait, nous ne nous sommes pas attardés et nous sommes allés un peu plus loin pour visiter le château du HK.

Lenny aime bien les châteaux forts et celui-ci est très sympa à visiter. Surtout, le soleil commençait à reprendre sa place dans le ciel, ce qui nous a permis d’admirer la chouette vue depuis le haut des remparts.

    

Ces 2 visites, que j’avais déjà fait plusieurs fois, étaient aussi intéressante pour moi car j’ai pu repérer quelques bouts de mon parcours du lendemain.

Le soir, après le retrait des dossards et une bonne douche, rendez-vous avec Lô et son ami pour une petite Flam et un Picon bière!

 

Place à la course

Nous avions faits la route avec la voiture de Laetitia pour qu’elle puisse venir à l’arrivée le lendemain. , elle, est engagée sur le 25km. Du coup, je me retrouve seul au petit-déjeuner à 6h ce dimanche et pour aller rejoindre le départ. Heureusement, Orschwiller n’est qu’à 2km de Kintzheim et du coup, je pars à pieds, en footing, ça fera mon échauffement. Il n’y a pas encore foule à 6h30 sur la ligne de départ, les coureurs arrivent doucement et nous serons alors près de 350 à nous élancer. Et puis à 7h00, c’est parti, le maire du village donne le signal du départ.

m’avait prévenu que c’était roulant alors je pars dans les premières lignes à mon rythme et je me laisse tranquillement doubler. Je double aussi pas mal sur cette première portion en bitume légèrement montante. Après environ 2.5km, nous entrons enfin dans les sentiers en terre et nous nous enfonçons dans la forêt, toujours en légère montée. Ça continue comme ça un long moment sur un chemin large puis sur un single. Tout le monde court, moi aussi. Nous arrivons après 6.5km sur une butte avec une jolie vue. Il y a là un spectateur/signaleur et je lui demande où nous sommes, il me répond au sommet du Hahnenberg (520m). Je lui demande si ça monte encore et il me répond que non, c’est le sommet. Je suis étonné car j’ai couru tout le long jusque là. D’habitude, lorsque je gravis un sommet, il a fallu que je marche parce que ça monte mais pas là… Je vérifie le profil sur mon dossard et effectivement, cela correspond à la première difficulté de la course franchie en 42 minutes! Je prends tout de même la photo de la vue et je repars… en courant.

La suite est donc une descente avec quelques passages un peu techniques où je me fais bien plaisir et évidemment, je double. Nous redescendons vers la Montagne des Singes où je reconnais bien les passages repérés la veille. Il y a là un petit ravito, prévu pour les autres distances. Il ne sont pas près mais il y de l’eau alors je bois un petit verre bien que mes flasques (prêtées par Franck) soient pleines. Et je poursuit ma route, toujours en phase descendante puis un peu vallonnée.

J’arrive donc au km 12 en ayant couru tout le long jusque là (1h09). C’est le début de la remontée et des panneaux “Surprise à 150m” nous intriguent… Il s’agit de 2 ou 3 demoiselles qui nous offrent sur un plateau des pains d’épices. Je me laisse volontiers tenter et j’en profite pour immortaliser le moment.

Puis je repars dans la montée ou plutôt le faux-plat montant. Il paraît qu’il y en a pour 12km comme ça, ça va être long! Il y a des relances de temps en temps et finalement, je cours encore beaucoup ici. Peu après une croisée de route vers le 15° km, je confie à mes collègues de course que j’attend les vraies montées parce que là, je trouve le temps long et c’est compliqué de courir tout le temps, je doute clairement sur ma bonne gestion de course… Puis 3km plus loin, nous arrivons à un ravitaillement (Vosges Trotters) où il y a un pointage : je suis 91° après 18.5km, 824m de D+ cumulé et 1h59 de course.

Après 2-3 plaisanteries, je repars… en courant, encore. Nous sommes toujours dans une longue, interminable montée en pente faible. Je commence à en avoir un peu marre et à fatiguer (physiquement et mentalement). Le coup de mou commence. On arrive vers le Taenschel (988m), le chemin passe juste en dessous et heureusement, il y a une petite portion bien pentue comme chez nous! Là, je suis à l’aise et je redouble ceux qui venaient de me passer. Je questionne un coureur pour savoir si c’est un sommet, il me répond qu’il ne pense pas mais si, ça redescend. Alors je relance la machine et dépasse encore quelques coureurs. Ce sera à peu près la dernière fois car là, je tape dans les réserves… A nouveau une montée puis une descente… je trouve le temps long… j’avance en alternant course et marche, je ne suis pas au mieux moralement.

Heureusement pour moi arrive un ravitaillement après 28km et 3h20 de course à la Petite Verrerie. C’est un très joli petit village au fond d’une vallée en cul-de-sac. Il fait beau, c’est vert, très fleuri. J’en profite pour faire une bonne pause et taper la discute avec quelques coureurs du 108km. Après 10 bonnes minutes de pause, le chemin repart en montée, un peu plus raide cette fois. Je me suis un peu refait moralement et je grimpe pas trop mal. La suite, encore une fois, un chemin large, vallonné sur plusieurs kms. Il y a un pointage sur cette portion, au milieu de la forêt. Drôle de choix, il aurait pu le faire au ravito mais bon… Après 30km et 1250m de D+, je passe en 4h20 à la 164° position, ce qui confirme bien mon coup de mou sur la partie précédente.

Nous traversons ensuite le village de Thannenkirch en descente pour emprunter un sentier qui longe la route. Là, c’est à nouveau vallonné et je cours dès que je peux. Sur de petites côtes, je marche mais c’est assez rare finalement. Puis nous arrivons à la première traversée de route en sens inverse pour suivre le chemin qui nous emmènera jusqu’au château du HK.

Le ravitaillement est 2km avant le château, c’est le dernier point d’arrêt avant l’arrivée et c’est l’heure pour moi de prévenir Laetitia que je ne vais pas tarder. Un petit SMS, un petit verre de coca dilué, je range les bâtons dans le sac, j’attrape quelques tucs et je repars. Dernier pointage : 43km, 1700m D+, 5h39, je suis 172°, j’ai maintenu à quelques places près le classement.

C’est reparti, il reste une montée avant le château mais j’ai retrouvé la motivation et je double immédiatement 2 coureurs et j’en rattrape un qui s’arrête brutalement pris de crampes. Je m’arrête 2 secondes, il est posé contre un arbre, je lui dis de ne pas s’asseoir, de faire tourner les jambes, à part cela il va bien alors je continue. J’arrive au château où au pied des remparts, une damoiselle nous fait franchir une petite porte qui nous mènera jusqu’aux coursives : un petit chemin de ronde sur un petit passage abrité le long des remparts extérieurs, c’est chouette! Je profite du moment jusqu’à la sortie du château où m’attend une belle descente, la dernière.

    

Ça commence par quelques lacets sur un single étroit et technique, tout pour me plaire alors je double encore quelques concurrents. Une cheville y passe dans les cailloux mais plus de peur que de mal, elle se redresse. Et puis il ne fallait pas se leurrer, si les pentes à l’aller n’étaient pas raides, c’est la même chose au retour. C’est donc un faux-plat descendant sur plusieurs kilomètres que je parcours mais je continue à courir, je veux arriver au bout comme ça et continuer à rattraper un maximum de coureurs. C’est ce qui se passe, j’en double encore quelques uns et je fais un gros trou derrière moi lorsque j’arrive à la volerie des aigles. La descente se poursuit jusqu’à enfin arriver à Kintzheim. Je sors des bois pour entrer en ville, je double une concurrente qui m’avait repris en milieu de course et je sors du sac le drapeau Made In Jura.

Dernière ligne droite dans une rue de la ville, il y a un peu de monde mais c’est clair que c’est pas Chamonix! J’entends mon nom et au loin, je vois Laetitia et Lenny que j’attrape par la main au passage. Nous finirons les 50m qui nous séparent de la ligne d’arrivée ensemble. Voilà, c’est fait, je suis finisher du Grand Trail du Haut Koenigsbourg : 54km, 1822m de D+, 6h44. Je termine à la 156+ place, j’ai donc repris 16 coureurs dans la dernière descente, comme quoi, c’est bien là que je m’éclate!!!

Laetitia me rejoint après la ligne, je suis un peu défait. Moralement, j’ai fini la course donc ça va bien. Physiquement, les cuisses ont chauffé avec ce profil vraiment roulant qui m’a obligé à courir vraiment longtemps. On n’est pas habitué à ça chez nous, avec nos vallées creusées plus de 700m plus bas que les crêtes! Du coup, c’est elle qui reprendra la voiture pour retourner à la maison d’hôtes pour prendre une douche et aussi pour le début de la route du retour.

C’est donc fait, je suis retourné sur mes traces alsaciennes depuis le temps que je voulais y revenir courir! Concernant la course, il y a de vrais beaux passages : le sommet du Hahnenberg, le ravitaillement de la Petite Verrerie, le passage dans le château du Haut Koenigsbourg… Mais il y a aussi de longs passages en forêt sans vue. Les chemins empruntés sont majoritairement de grands chemins de randonnée avec malgré tout quelques singles sympas. Si vous êtes plutôt haute montagne, vous ne serez pas forcément dans votre élément mais si vous venez de la course sur route, aucun souci pour vous!

En tout cas, moi, malgré que j’ai pas mal souffert, je suis heureux d’être venu et de l’avoir fini !!

Maintenant, reprise des entraînements pour la prochaine étape : le Pti Duo Trail des Crozets avec Laetitia!

Suivi Livetrail (dossard 664)

 

 

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