Randonnée Tour des Fiz

Je vous ai partagé la dernière fois le programme de notre randonnée de ce week-end au cœur du massif des Fiz. Nous avons suivi notre programme à la lettre ou presque et en voici le récit.
Vous pourrez retrouver toutes les photos de notre escapade en cliquant ici.

Tour des Fiz


D’abord, pour vos futures idées de rando, voici une petite fiche technique de notre escapade :

Randonnée Tour des Fiz
Durée : 2 jours (compter environ 5h de marche par jour)
Parcours en boucle : Départ et arrivée au Lignon, nuit au refuge de Moëde-Anterne
Distance/Dénivelé :
Jour 1 : 10km / D+ 1200m / D- 300m (départ à 1200m, arrivée à 2000m, point culminant à 2250m)
Jour 2 : 13 km / D+ 500m / D- 1400m (départ à 2000m, arrivée à 1200m, point culminant à 2200m)
Difficulté : Moyenne
– Jour 1 : 2 belles côtes avec pas mal de pente sur peu de distance
– Jour 2 : Passage dans un pierrier où il faut mettre les mains et Dérochoir : pente abrupte équipée type Via Ferrata. Sujets au vertige s’abstenir.

Tour des Fiz Jour 1
Tour des Fiz – jour 1
Tour des Fiz Jour 2
Tour des Fiz – Jour 2

Nous sommes donc partis de la maison mercredi soir et nous avons dormi à l’hôtel Best Western Grand Massif de Morillon pour nous rapprocher du départ. Je vous conseille vivement cet hôtel car il est très bien situé, les chambres sont spacieuses, le personnel très agréable et il dispose d’une piscine intérieur fort agréable ! Seul hic, pas de restauration (à part le petit déjeuner) mais c’est tout proche de Samoëns où les restaurants ne manquent pas. Vous avez aussi la possibilité de faire vos courses pour cuisiner dans la chambre où tout le matériel est disponible (micro-onde, frigo, plaques, évier…).

Après une bonne nuit de sommeil, nous nous sommes dirigés en direction du Lignon pour le grand départ. La route traverse Samoëns et Sixt-Fer-à-Cheval et passe devant la magnifique cascade du Rouget. A Lignon, nous n’étions pas seuls ! Beaucoup de voitures garés un peu « en vrac » car il n’y a pas de vrai parking. Bref, nous trouvons une place, sortons les sacs à dos et c’est parti, il est environ 9h30.

Cascade du Rouget
Cascade du Rouget

Le parcours est entièrement balisé, pas moyen de se perdre. Toutefois, disposer d’une carte est tout de même utile. Le chemin démarre à 1200m d’altitude par une montée dans les bois sur un sol caillouteux pour nous permettre de nous élever jusqu’aux cascades de Sauffaz et de la Pleureuse (altitude 1450m). Première petite pause pour admirer ces torrents magnifiques. En regardant derrière nous, nous pouvons admirer les premiers panoramas sur la vallée et le cirque du Fer-à-Cheval. En face, les parois rocheuses s’ouvrent sur le Pas de Sales. Mais nous, nous bifurquons à gauche en direction du Collet d’Anterne. Là encore, ça grimpe fort et plus on gagne en hauteur, moins il y a d’arbres. Nous nous retrouvons assez vite à découvert. La flore change aussi et nous retrouvons quelques jolies espèces alpines telles les Silènes enflées. Après encore 300 bon mètres d’ascension, nous voilà au Collet d’Anterne (altitude : 1796m) avec les premiers magnifiques panoramas. D’abord sur la vallée de Sixt et le cirque des Fonds puis sur la montagne d’Anterne avec en fond, le Mont Blanc qui montre sa calotte. Seconde petite pause pour admirer ce paysage après 2h de marche.

Collet d'Anterne
Vue du Collet d’Anterne

Juste devant nous, l’immense falaise du rocher des Fiz avec en premier plan la Pointe de Sales. Nous sommes sur un plateau où la végétation se réduit à quelques arbustes qui poussent en biais et une prairie herbacée. Nous découvrons aussi les premières linaigrettes sur les bords du ruisseau en direction des chalets d’Anterne. Cette partie est beaucoup moins difficile : elle commence par une petite descente puis continue sur un léger faux-plat montant. Le soleil est de la partie, nous croisons régulièrement des randonneurs mais ça n’est tout de même pas l’autoroute que nous aurions pu craindre en voyant les voitures au Lignon ! Sur ce parcours très agréable, nous rejoignons les chalets d’Anterne et le refuge Alfred Wills. Ce sera là notre pause déjeuner, il est 12h30.

Alfred Wills
Refuge Alfred Wills

Le refuge propose une petite restauration ainsi que des boissons. Par contre, on paye l’acheminement des produits en altitude car le moindre soda vous coûtera environ 3.50€ ! Par contre, aucun problème pour tirer le pique-nique du sac et s’installer aux tables mises à disposition. Nous reprenons des forces car ce qui vient ensuite sera sans doute le moment le plus éprouvant de la journée : une côte de moins d’1km avec 300m de dénivelé ! Nous prenons notre temps pour arriver au sommet mais c’est indispensable pour atteindre le plateau supérieur qui nous mènera au lac d’Anterne puis au col.

Lac d'Anterne
Lac d’Anterne

C’est donc après 1h de grimpette que nous atteignons les premiers névés et le lac d’Anterne. Cette retenue d’eau formée par le ruissellement de la fonte des neiges des sommets propose des couleurs somptueuses ! Autour, ça n’est qu’une grande étendue d’herbe bien verte avec des petites collines par lesquels s’écoulent des petits ruisseaux. L’eau du lac disparaît sous la roche et ne réapparaîtra que 200m en contrebas pour former le ruisseau d’Anterne que nous avons traversé le matin.

Col d'Anterne
Col d’Anterne

Après une nouvelle pause, nous terminons l’ascension pour arriver au Col d’Anterne qui sera le point culminant de notre randonnée à 2257m. Ici, c’est une grande surprise car la vue y est exceptionnelle : au nord, un joli panorama sur le Rocher des Fiz et la montagne d’Anterne alors qu’au sud-est, nous pouvons découvrir la majestueuse chaine du Mont Blanc avec en premier plan les Aiguilles Rouges et le Brévent. Il nous reste maintenant une belle descente de 250m pour arriver à notre objectif du jour : le refuge de Moëde-Anterne.

Refuge Moëde-Anterne
Refuge Moëde-Anterne

Nous arrivons vers 17h au refuge, nous prenons nos quartiers dans un dortoir d’une quinzaine de places (c’est un dortoir parmi d’autres car le refuge propose 90 couchages). Les locaux sont très bien équipés : un nouveau chalet a été construit a été construit en 1994 pour augmenter la capacité de l’ancien bâtiment qui date de 1898. La patronne, Arlette, fille du créateur du refuge, est passionnée et ne manque pas de vous expliquer le panorama à la fin du repas. D’ailleurs, celui-ci est servi à partir de 18h30 avec au menu, soit une fondue, soit un potage suivi de pâtes ou de Polenta. Le refuge est alimenté par des panneaux solaires et par une pico-centrale hydraulique et est équipé de douches. Les couchages sont confortables, chaque lit est doté d’une couette (pas besoin de ramener le duvet). Nous pouvons sereinement entamer notre nuit vers 20h30.

Coucher de soleil sur les Fiz
Coucher de soleil sur les Fiz

A 5h00, je suis le seul « illuminé » à me lever. J’ai pour objectif de remonter au col d’Anterne en version sportive. Je pars donc avec la frontale, les bâtons et un coupe-vent et je me retrouve au sommet 20 minutes plus tard. De là, je peux admirer le spectacle des premiers rayons de soleil qui viennent chatouiller les Fiz et le Mont Blanc. C’est grandiose ! Après quelques photos, je redescends dans le jour en courant pour apprécier un petit-déjeuner avant de repartir, chargé des pique-niques qu’on nous a préparé. Nous repartons du refuge vers 7h30 par la piste 4×4 qui descend gentiment vers les Ayères d’en Haut. Sur ce chemin de près de 3km, nous pourrons admirer le jour qui se lève doucement sur les reliefs, réveillant les marmottes, et les petits nuages formés par la douceur du jour qui viennent s’accrocher sur les Fiz.

Lever de soleil sur le Mont Blanc
Lever de soleil sur le Mont Blanc

A l’entrée des Ayères d’en Haut, nous prenons immédiatement à droite en direction du Dérochoir par un chemin qui monte rapidement. La pente est raide à cet endroit. Nous rattrapons un couple de randonneurs archéologues normands avec qui nous poursuivrons le chemin quelques temps. Le sentier nous permet de voir le Mont Blanc du côté du Goûter, nous apercevrons même le nouveau refuge. Puis nous traversons un pierrier sans doute issu d’éboulis. Ce sont d’énormes blocs qui nous demanderons régulièrement de poser les mains. Enfin, après presque 3h de marche, nous atteignons le bas du Dérochoir.

Le Dérochoir
Le Dérochoir

C’est à ce moment précis que la grosse difficulté de la journée commence : le Dérochoir, c’est une paroi quasi-verticale de 200m de hauteur. Un passage y a été aménagé pour faciliter la montée et atteindre le Passage du Dérochoir. Quand je dis aménagé, il faut comprendre accessoirisé type Via Ferrata : barres de fer ancrées dans la roche, cordes maintenues par des pitons, échelles, petites plates-formes pour poser les pieds, … Problème : Laeti a le vertige. Il ne faut donc pas se retourner, toujours regarder la roche et le sommet car derrière, il y a du jus ! Je passe devant, la guide, la calme, tandis que derrière, l’ami archéologue normand la rassure en la maintenant contre la roche. Une ascension difficile à 2200m mais Laeti s’en est sortie avec brio moyennant quelques paniques !

Vers Sales
Vers Sales

Une fois au sommet, c’est encore la contemplation d’un extraordinaire panorama qui s’offre à nous avec toujours ce grand Mont Blanc qui nous surveille du haut de ses 4810m. De l’autre côté, nous découvrons un large passage entre 2 roches : à droite, le rocher des Fiz et à gauche, le désert de Platé, vierge de toute végétation, une grande masse du gris de la roche qui ressemble à un énorme lapiaz. Notre chemin descend dans le large goulet au travers d’énormes cailloux par la Combe à l’Ours. Là encore, les marmottes surveillent. Plus bas, nous arrivons dans le Grand Pré, une immense pâture pour un troupeau de vaches, juste avant d’atteindre les chalets de Sales et son refuge.

Marmotte
Marmotte

Il est presque 13h, nous déjeunons ici avant de reprendre la route en passant par la chapelle de Sales et perdons de l’altitude dans les gorges de Sales. Là, une résurgence alimente un torrent jonché de cascades, celle de Trainant puis celle de Sales. La végétation de moyenne montagne reprend ses droits, nous redécouvrons des sapins et retrouvons de l’ombre. Puis enfin, nous finissons notre route en retournant au point de départ, au Lignon.

Gorges de Sales
Gorges de Sales

Nous reprenons la voiture vers 15h30 et retournons à l’hôtel pour profiter à nouveau de la piscine, d’une bonne nuit de repos avant de repartir pour notre Jura.

Cet article a 6 commentaires

  1. Avatar

    Wahou!!!! Ca a l’air vraiment sympa! Bonne idée de week end (même si en ce moment, ma seule envie est de dormir et de larvasser…!!). Merci de nous avoir fait partager tout ça!!

    1. lolotrail

      Je te confirme que c’est magnifique et nous avions encore 2 jours pour “larvasser”! Je suis impatient de repartir là-haut!!!

  2. Avatar

    bonsoir,

    la montée du dérochoir est il vraiment impressionnant?
    j’ai l’intention de faire exactement la même rando mais
    j’hésite par rapport au dérochoir.

    1. lolotrail

      Salut Pascal, merci pour ton commentaire et je ne saurai faire autrement que te conseiller cette rando magnifique! Concernant le Dérochoir, si tu as un peu l’habitude de l’altitude, que tu as déjà touché un peu d’escalade ou de via ferrata, tu n’as pas à hésiter! C’est une voie équipée comme une via sauf que tu n’es pas attaché. Ça n’est pas une falaise non plus, ça se monte bien si tu prendre de la hauteur ne te fait pas peur. Mon épouse qui elle a le vertige a eu beaucoup plus de mal! En tout cas, pas de panique, ça se fait bien! As-tu aussi pensé à dormir en refuge? Si c’est le cas, le nôtre était très bien et monter au col d’Anterne, tout sel, de nuit, à la frontale est une belle expérience. Bonne rando!

  3. Avatar

    hello,

    Je souhaiterais faire ce parcours sur 3 jours et bivouaquer de préférence. Quelles étapes conseillerais tu, et surtout quels endroits sont les plus sympas pour planter la tente.

    Merci à toi

    1. lolotrail

      Bonsoir Romain,
      Bon choix, le coin est magnifique! Si tu pas sur 3 jours, je te conseillerai alors d’allonger la boucle. Enfin, tout dépend de ton rythme de marche, nous, avec mon épouse, nous y sommes allés cools! Par exemple, nous ne sommes pas passés par le refuge des Fonts ni du côté de Varan,… Tout dépend en fait de la distance que tu souhaites faire par jour de marche. Côté bivouac, il faut se renseigner si c’est autorisé (je crois que oui) mais des coins comme le lac d’anterne ou de Sales doivent être assez sympas! Bonne rando!

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Fermer le menu