Saintelyon 2016, la der de l’année

Saintelyon 2016, la der de l’année

2013, mon aventure Saintélyon débutait avec mon pote Riri. Une petite virée de nuit entre Sainté et Lyon de … 13h !! L’expérience était séduisante, se plonger dans la nuit glacée et enneigée dans les Monts du Lyonnais, une ambiance particulière, feutrée dès que nous avions quitté les lampadaires des la ville et l’euphorie du départ. Je ne pensais cependant pas y revenir car le parcours m’avait semblé bien trop roulant avec de grandes portions de bitumes que je n’affectionnais pas particulièrement. 2015, me revoilà malgré tout parce que les copains se sont inscrits. Ils m’ont donné envie de les accompagner à nouveau. Je pars en connaissance de cause et les guide plus ou moins, eux qui découvrent l’épreuve. Le chrono était meilleur, moins de 10h mais à nouveau cette sensation de longueur qui me fait dire que cette fois, j’ai eu mon compte. Sauf que… 2016, me revoilà!!! mais cette fois, pour changer un peu, c’est sur la formule relais que je me suis engagé. Une nouvelle expérience pour bien finir l’année.

Mais avant la course, c’est une tout autre épreuve qui m’est proposée : le village-expo ! Vous savez, le supermarché du trail qu’il vous faut impérativement traverser avant toute remise de dossard sur les grandes courses : des sponsors, des équipementiers, des marques, des organisateurs, du monde de partout… sur la Saintélyon, dans la Halle Tony Garnier, ça ressemble un peu au marché de Noël du traileur, sans les guirlandes et le vin chaud ! L’an passé, j’avais eu la chance d’y rencontrer Nathalie Mauclair et d’échanger quelques mots avec elle mais cette année, je suis passé de l’autre côté, je ne suis plus seulement coureur, me voilà exposant !

   

En effet, grâce au Comité Départemental du Tourisme, quelques courses représentatives du Jura (Trail des reculées, Trail des Lacs, Transju’Trail, UTTJ, Trail Volodalen du Jura, Trail des 7 Monts) ont eu la chance de pouvoir présenter leurs épreuves. Toutes ces courses étant au calendrier du Trail Jura Tour, c’est à ce titre que je me suis retrouvé avec mes copains organisateurs sur un chouette stand de 36m² au milieu du Village-Expo. Notre stand était placé juste en face du grand mur Saintélyon où chacun des participants avait son nom inscrit. Autant dire que quasi tous les coureurs et leurs familles sont passés devant nous et sont même restés un moment devant ce mur des noms pour prendre la petite photo qui va bien.

C’est donc pendant 10h durant que nous avons présenté nos courses, fait déguster du fromage, distribué des flyers… Et moi, j’ai eu droit à une petite sono et avec mon micro, j’ai été interpeller les passants pour les inciter à venir découvrir le Jura, participer à notre tombola et à leur faire gagner des cadeaux. L’expérience est très enrichissante, avec plein de rencontres bien que relativement fatigante tout de même à rester debout toute la journée à piétiner. Je dirais que si’ j’allais me coucher juste après, ça irait mais le programme des la soirée est malheureusement tout autre !

   

En fin d’après-midi, j’ai été récupéré les dossards pour notre équipe de 3 relayeurs : Jérôme, Franck et moi. Ils arrivent un peu plus tard avec David, initialement prévu dans le relais mais qui s’est blessé aux Templiers. Puis nous partons tous les 4 pour la Pasta Party. Alors oui, quand je vous dis “Pasta Party”, vous pensez certainement à celle que l’organisation à prévue dans le Palais des Sports de Saint-Eienne avant le départ ? Mais non, nous avons notre propre Pasta, une super grosse organisation où nous devons passer au supermarché avant pour acheter les steaks hachés ! En fait, c’est chez Théo, le fils de David, que nous allons déguster notre repas du soir, bonne humeur et … vaisselle incluses! Puis c’est l’heure de prendre la route pour que Jérôme se lance dans la course.

Nous arrivons à Saint-Etienne peu après 23h, le départ sera donné 40′ plus tard. Il y a déjà du monde sur la ligne, Jérôme est prêt, frontale vissée sur la tête. Nous lui tenons compagnie en attendant l’heure. La pression monte doucement, le sas se remplit et à 23h40 : PAN, c’est parti !

Enfin presque : la première vague de 1300 coureurs dont les élites se sont élancés, les suivants devront attendre 10′. 23h50, second départ, on y est … pas encore… 00h00 … 00h10… cette fois sera la bonne, Jérôme peut enfin franchir l’arche du départ dans la 4° vague,. Nous lui souhaitons une bonne route et pour nous, i lest temps de reprendre la voiture pour aller le voir passer au ravitaillement suivant.

1h30, nous sommes à Saint Christo en Jarez pour le 1er point de passage. On peut déjà observer dans la campagne le trait de lumière formé par les frontales des coureurs, c’est magnifique! J’ai sorti ma cloche pour mettre un peu d’ambiance et force est de constater que nous sommes les seuls à élever un peu la voix pour encourager les coureurs. Ce sont des encouragements timides qui accueillent les coureurs, je sais qu’il est tard mais quand même, quand on court, ça réchauffe! Nous avons la chance de voir passer Christophe parti dans la vague de 0h00 et qui s’est lancé sur l’intégrale de 72km. 15′ plus tard, c’est notre Jérôme qui arrive dans une bonne forme. Il a parcouru 15km en 1h40 et pointe en 106° position des relais à 3. Nous le revoyons juste derrière le ravito où il ne s’est pas attardé et il repart sur son petit rythme tranquille, tout va bien.

Nous devons maintenant rejoindre Sainte Catherine pour le passage de relais. C’est Franck qui prendra la suite des opérations. Mais avant cela, il faut déjà accéder au village et là, c’est clairement la galère. Il est 2h du mat’ quand nous quittons St Christo et à moins de 2km de Sainte Catherine, nous sommes dans les bouchons dans la nuit au milieu de nulle part !!! Impensable mais vrai! Finalement, avec un peu de patience, nous arrivons à nous approcher du village peu avant 3h pour nous garer puis nous avons encore 10 bonnes minutes de marche avant d’atteindre le ravitaillement. 

Là, notre organisation est plutôt bonne : Franck et David se mettent dans la tente pour éviter de prendre froid et moi je vais attendre Jérôme à l’entrée pour le guider. Quelques minutes plus tard, il arrive, je l’interpelle et l’emmène directement à Franck. Tout le monde est au chaud et Jérôme passe la balise à Franck après 3h15 de course pour 28km, il aura été assez régulier car notre relais est pointé 112°. Franck s’en va motivé pour la suite du parcours pendant que Jérôme se rhabille avec des vêtements chauds car la nuit est bien fraîche! Il nous raconte sa course qui s’est bien passée, sans encombre. Il a été surpris de voir des gens marcher très rapidement mais c’est vrai que vu le profil de la course, ce ne sont pas des spécialistes de la montagne qui s’y engagent, beaucoup font du bitume toute l’année et peinent dans les difficultés. Nous retournons à la voiture pour nous diriger vers Saint genou. 

Nous perdons Jérôme dans la voiture qui après s’être changé pique un petit somme bien mérité. Le GPS nous indique des chemins qui semblent assez improbables alors nous suivons le flot de véhicules qui semblent connaître le chemin. Sauf qu’au bout d’un moment, nous nous rendons compte que nos prédécesseurs zappent une étape pour aller directement à la suivante! Alors nous finissons pas suivre le GPS en faisant un petit détour. Sauf que notre route est barrée par le passage des coureurs qui la traversent. Sur de plus petites épreuves, vous pouvez profiter d’un trou entre 2 groupes de coureurs pour passer mais là, c’est un flux ininterrompu, 10.000 personnes, ça fait du monde. J’envoie donc un petit SMS à Franck pour lui dire que nous nous retrouverons directement au ravito d’après car c’est impossible d’aller plus loin pour nous.

Nous rebroussons donc chemin et allons à Soucieu en Jarrest, c’est là que ma course commencera. Là encore, les accès sont réglementés pour accéder au village. Heureusement, comme nous faisons le relais, nous avons un passe pour nous approcher. malgré cela, il nous faudra nous garer à près d’un kilomètre du ravitaillement. Nous patientons un peu en voiture car nous sommes trop tôt et il fait bien froid dehors. Il faut que je songe à me changer pour être prêt lorsque Franck arrivera mais je ne suis pas très motivé à 5h du matin! Vers 5h30, nous nous décidons à sortir pour rejoindre le lieu du relais. C’est un passage en ville, il y a un peu de monde, c’est sympa. Moi je suis prêt et je vais me placer dans la zone des relayeurs. L’ambiance est assez bizarre car il n’y là que des gens qui attendent… Quand ils voient leur coureur arriver, ils crient son nom pour le guider. Moi, je peaufine les détails : la montre Tomtom Adventurer n’a presque plus de batterie alors je la change par ma Suunto Ambit 3 Peak. J’enfile le dossard, le sac et la polaire par dessus pour ne pas attraper froid.  Je ne lace pas mes lacets pour enlever plus rapidement le pantalon que le laisserai à Franck avant de partir. Puis je finis par discuter avec un autre relayeur que je remarque à son buff “Trail des Reculées” … un jurassien de plus dans la place!

6h10, Franck arrive et me rejoint. J’enlève mes couches anti-froid pour me mettre en tenue de combat, lui demande comment s’est passé sa course. Tout à bien été pour lui, sans affolement. Il a maintenu un bon rythme car il a fait ses 22km en 2h50 avec quelques jolis “coups de cul” sur le parcours, il pointe 96°, il a gagné un peu de temps sur les concurrents, il a bien géré! Après m’avoir accroché au poignet la balise, je démarre la montre et je m’élance. Je ne pars pas trop vite car je ne sais pas trop où j’en suis côté forme. Je suis hyper motivé car cela fait un moment que j’attends mais avec la journée salon à piétiner et l’attente dan le froid je ne sais pas ce que ça peut donner.

Je traverse Soucieu assez tranquillement et surtout sans affolement, le temps de jauger l’état de fonctionnement de la machine. Malgré cela, je double. Il faut dire que de nombreux coureurs en sont à plus de 50km et n’ont pas la même fraîcheur que moi. A la sortie du village, tout va bien alors je commence à accélérer légèrement. Evidemment, c’est après le dernier lampadaire que la batterie de la frontale me lâche!!! J’ai dû louper une étape dans la charge!!! bref, je suis à sec de lumière après 10′ de course, tout va bien!!! Tant pis, les copains m’éclairent alors je peux tout de même avancer sur un bon rythme. Il n’y a qu’entre 2 groupes de coureurs, lorsque personne ne m’éclaire, que je fais un peu plus attention.

Finalement, c’est un mal pour un bien car le fait de devoir me concentrer sur mes trajectoires me permet de rester attentif et je ne vois pas le temps passer. En moins de 45′, j’entre déjà dans Chaponost et je traverse le ravitaillement après 10km de course en courant, sans m’arrêter, à 6h50. Les coureurs arrêtés ici me regardent passer bizarrement, mais moi, je suis super motivé de voir que ça tourne bien! J’ai repris 4 relais partis avant moi, je suis 92°. Je sais que j’ai fait la partie la plus simple et la plus roulante. Sur les 10 derniers kilomètres, j’aurais beaucoup de bitume mais aussi 2 ou 3 petits raidillons ou l’allure va en prendre un coup. Malgré cela, j’engage chaque côte en courant et je finis en marchant mais sans m’arrêter de doubler.

Je me rappelle sur le passage les  mêmes endroits vécus un an plus tôt mais pas du tout à la même vitesse. J’étais avec Christophe sur l’intégrale et à la moindre pente positive, nous marchions. Là, je file! Un mec réussira à me doubler mais je le reprendrai un peu plus tard. Je descend rapidement sur Sainte-Foy-les-Lyons pour traverser l’Yzeron où je double Luca Papi que j’avais déjà vu passer à Soucieu en attendant Franck. Nous ferons la terrible montée qui suit ensemble. Je profite de la baisse de régime pour enlever une couche, je me bats un peu avec le dossard, le sac à dos, le coupe vent… Mais au sommet, je suis fin prêt à repartir! Je repasse devant Luca dans le parc qui suit et prend le large.

Au sommet de la dernière vraie difficulté, sur le chemin des Coutures, je passe le panneau 4km avant l’arrivée et je reconnais alors devant moi l’ami Christophe! Une vraie coïncidence que de le retrouver là, nous terminerons alors ensemble pour la seconde année consécutive! Il souffre un peu sur les derniers instants de course, il n’arrivera malheureusement pas à passer sous la barre des 8h de course mais il a bien couru tout de même! Nous franchissons la Saône sur le pont de l’autoroute, passons devant le musée de Confluences et traversons le Rhône sur la passerelle Raymond Barre. Nous sortons du sac la bannière jaune et rouge Made In Jura pour enfin entrer dans la Halle Tony Garnier pour la délivrance! Je franchis l’arche après 7h53 de course, nous sommes 85° sur plus de 200 relais à 3!

D’un point de vu personnel, je suis content de ma prestation sur ma portion. J’ai couru un semi-marathon avec 400m de D+ en 1h48, c’est plutôt pas mal quand on sait que je n’ai pas forcé sur l’entrainement ces derniers temps!

Mais je suis surtout content d’avoir pu partager cette nouvelle expérience Saintélyon à plusieurs et d’avoir pu découvrir d’autres aspects de la course : en tant qu’exposant sur le village-expo, en tant que spectateur sur le début de course puis coureur. Vivre la course en équipe avec Jérôme et Franck a été super sympa et je les remercie d’avoir joué le jeu. Un grand merci aussi à David qui malgré sa blessure et son désistement forcé nous a accompagné toute la nuit!

J’adresse aussi mes félicitations aux copains, finishers ou non, notamment à Greg qui termine très fort les 72km en 7h16!

Donc pour moi, la Saintélyon, je n’ai pas prévu d’y retourner mais comme je dis ça à chaque fois et que j’y retourne toujours, je vais me taire cette fois! Surtout, elle signe la fin de cette année 2016 sur une note positive, comme le reste de ma saison de courses mais cela, je vous en reparlerai pour mon bilan dans quelques semaines!

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Fermer le menu